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Économie - Grèce

La réforme des retraites de Tsipras pousse le peuple dans la rue

« Retraites de 300 euros à 80 ans, qu’est-ce que c’est bien le capitalisme ! » clamaient certains manifestants. Louisa Gouliamaki/AFP

« Ils ont massacré ma génération » : Dina, 32 ans, a pour la première fois hier fermé son magasin de lingerie pour participer à la grève générale en Grèce, contre une réforme des retraites voulue par les créanciers du pays et soutenue par Alexis Tsipras.
Un nombre record de corporations était appelé à descendre dans la rue, donnant une ampleur particulière à cette journée de protestation. Assureurs, vétérinaires, avocats ou médecins manifestaient ainsi dans les rues du pays aux côtés des fonctionnaires, des agriculteurs et de nombreux salariés du privé. Selon la police, 40 000 personnes défilaient à la mi-journée dans le centre d'Athènes et 14 000 à Thessalonique. Vers 11h30 GMT, quelques incidents, fréquents dans les manifestations en Grèce, se sont produits.
C'est la troisième fois que le Premier ministre de gauche, élu il y a un an sur la promesse d'en finir avec les plans d'aide aux pays, assortis de réformes difficiles, essuie une grève générale, après avoir dû accepter lui-même en juillet un de ces plans, contre 86 milliards d'euros (96 milliards de dollars) de prêts.
Les manifestants à Athènes étaient deux fois plus nombreux qu'en novembre et près de trois fois plus nombreux qu'en décembre. De nombreux commerces étaient fermés pour dénoncer une réforme qui touche aussi beaucoup les travailleurs indépendants ou les agriculteurs. Ces derniers ont organisé de nombreux blocages de routes ces dernières semaines.
La réforme vise, aux yeux des créanciers du pays (UE et FMI), à dégager 1,8 milliard d'euros (2 milliards de dollars) d'économies pour l'État (environ 1 % du PIB grec) dans un pays où, selon le ministère de l'Emploi, 17,5 % du PIB sont consacrés aux retraites contre 11,5 % en moyenne en Europe.

« On ne peut pas se marier ou avoir d'enfants »
Elle prévoit notamment d'abaisser le plafond des retraites de 2 700 à 2 300 euros (3 026 à 2 580 dollars), d'unifier les régimes ou de créer une retraite minimum de 384 euros (430 dollars), tout en relevant les cotisations sociales.
Dina, elle, « n'en peut plus » : « On paye plus d'impôts qu'on ne gagne, on ne travaille que pour l'État, on ne peut même plus dégager de salaire », assure-t-elle. « Ils ont massacré ma génération, ajoute-t-elle, on ne peut pas se marier, on ne peut pas avoir d'enfants, mes parents ont travaillé toute une vie et ce qu'ils me laissent, c'est : rien. » « Retraites de 300 euros à 80 ans, qu'est-ce que c'est bien le capitalisme ! » clamaient certains manifestants.
Thomas Karachristos, avocat d'affaires, souhaite pour sa part « que l'Europe nous entende, parce que nous avons besoin d'un répit pour repartir », après six ans de récession. L'avocat admet que le système de cotisations actuel est assez injuste « et doit être réformé ». Mais pour lui, la réforme prévue « ne peut pas rendre le système viable ». Cette réforme est de surcroît peut-être la dixième depuis le début de la crise, il y a six ans. Le propre père de Thomas a vu sa pension passer de près de 3 000 à 1 100 euros (3 360 à 1 230 dollars) au fil des mesures.
Alexis Tsipras, accusé par beaucoup de Grecs de les avoir « trahis », a pris le parti de défendre cette réforme, au risque sinon de voir « le système s'écrouler », tout en promettant de tout faire pour épargner les plus faibles. Il souhaite ainsi obtenir des créanciers le satisfecit qui permettrait d'ouvrir enfin les nouvelles négociations espérées sur un allègement de la dette grecque (près de 200 % du PIB). Il lui faut d'abord obtenir du Parlement le vote de cette réforme, en milieu de mois, alors que sa majorité est très juste (153 députés sur 300).
(Source : AFP)

« Ils ont massacré ma génération » : Dina, 32 ans, a pour la première fois hier fermé son magasin de lingerie pour participer à la grève générale en Grèce, contre une réforme des retraites voulue par les créanciers du pays et soutenue par Alexis Tsipras.Un nombre record de corporations était appelé à descendre dans la rue, donnant une ampleur particulière à cette journée de protestation. Assureurs, vétérinaires, avocats ou médecins manifestaient ainsi dans les rues du pays aux côtés des fonctionnaires, des agriculteurs et de nombreux salariés du privé. Selon la police, 40 000 personnes défilaient à la mi-journée dans le centre d'Athènes et 14 000 à Thessalonique. Vers 11h30 GMT, quelques incidents, fréquents dans les manifestations en Grèce, se sont produits.C'est la troisième fois que le Premier...
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