Dossier spécial orientation professionnelle

Les métiers de la cité

Architecte : L'artiste maître de la construction

L'instabilité nationale et régionale influe sur l'économie, et, par conséquent, sur le domaine de la construction. « Un architecte doit s'adapter à la situation pour maintenir la gestion de sa boîte », souligne Charles Hajj.

23/03/2016

L'architecte est la personne qui conçoit et dessine les plans, les façades et les parties extérieures d'un bâtiment et en contrôle l'exécution en tenant compte des contraintes esthétiques, techniques, fonctionnelles, réglementaires et légales. Sa tâche dans ce cadre est complémentaire à celle de l'ingénieur civil, qui, lui, fait tous les calculs nécessaires pour construire l'édifice et en assurer la solidité, en supervisant lui aussi les travaux d'édification au niveau de la structure.

Inspiré par la culture traditionnelle et moderne, l'architecte est un vrai représentant du temps et du lieu. Ses projets tiennent compte tant des critères artistiques que techniques, de même que de l'identité de ses clients. Son objectif, trouver des solutions authentiques qui répondent aux besoins de ces derniers.

 

La mission de l'architecte
« L'architecte détient l'art de concevoir et de bâtir. Maîtrisant techniques et esthétique, il est le maestro qui dirige la construction d'un projet dans toutes ses étapes », explique Charles Hajj, architecte et directeur général de Consolidated Consultants – Liban.
Ainsi, selon ce dernier, l'architecte prend tout d'abord en main la division de l'espace, appelée programmation.
Ensuite, il ébauche l'idée de la distribution des fonctions. L'esquisse, conceptuelle et philosophique, s'inspire du contexte urbain et culturel du projet.
Lors de la troisième étape, l'architecte donne au schéma une forme esthétique et discute les matériaux et les proportions. Il approfondit également la recherche sur le style architectural et sur la règlementation spécifique au pays, quand il travaille à distance, et tient compte des règles techniques internationales. De plus, « l'architecte approfondit sa recherche, très importante à ce stade, il se familiarise avec la culture des personnes impliquées par le projet ; celles-ci ne le perçoivent pas comme un étranger qui s'impose », souligne l'architecte. Durant cette étape, ce dernier se réunit avec le client d'une façon régulière.
Une fois le projet validé, commencent le développement et la coordination technique avec les bureaux d'études et les différents ingénieurs. S'y opère le choix des systèmes structurels et électromécaniques, « pour que cette idée conceptuelle puisse être exécutable sans défaut de construction », ajoute-t-il.
Parallèlement au développement technique, le dossier doit être préparé et sera présenté, lors de la phase de règlementation, auprès des institutions publiques.
Une fois le permis de construction délivré, commencent les travaux que l'architecte supervise pour s'assurer que le contenu du dossier « sera respecté jusqu'à la livraison finale », explique Charles Hajj qui assure que « le succès de l'architecte se mesure dans la satisfaction de son client ».

 

Les difficultés
Pour certains, « un architecte est un dessinateur de façade. Parfois, on doit initier les clients avant de commencer le travail, sinon on ne trouve pas de terrain commun », avoue M. Hajj. En fait, le travail d'un architecte n'est pas tangible. Le client n'en perçoit que le résultat. Du coup, « il prend plus au sérieux la parole de l'entrepreneur en construction que la nôtre, car ce qu'il voit c'est la structure effective qui se met en place », poursuit-il.
Par ailleurs, se pose une difficulté particulière à l'architecte débutant. Celui-ci pense qu'il sera le chef du projet et que ses idées doivent prévaloir sur celles des autres. Or, ce n'est pas le cas. « Des tâches d'importance mineure lui sont assignées. Il fait alors un choc entre ce qu'il a appris à l'université, comme théories et concepts, et les pratiques quotidiennes », prévient-il.
L'architecte doit, en effet, « répondre aux demandes techniques et respecter les contraintes contextuelles et budgétaires du client, tout en effectuant un travail esthétique ».

 

Les qualités requises
Selon Charles Hajj, pour mener à bien son projet, l'architecte doit faire la balance entre les angles de deux triangles : le premier représentant le temps, le coût et la qualité, et le second, un bon architecte, un client bien initié, ainsi qu'un entrepreneur et une main-d'œuvre qualifiés. L'architecte doit pouvoir mener ainsi un travail d'équipe.
La faculté de communication est, par conséquent, majeure. L'architecte pourra expliquer son idée et convaincre son client, mais, en même temps, il doit accepter de changer sa conception quand il le faudra. En effet, « être à l'écoute de ses clients est primordial pour comprendre leur mode de vie et concevoir un projet qui leur convient, en tant que réponse à la problématique posée ».
Enfin, un bon architecte doit suivre les développements technologiques, mais aussi s'ouvrir aux différentes cultures et observer pour pouvoir créer, lire également de la philosophie et de la sociologie. « Les qualités majeures d'un architecte qui veut grandir, c'est la curiosité et la créativité. Il est important qu'il possède une volonté d'apprendre. C'est un critère de sélection des architectes dans un bureau », confie Charles Hajj.

 

Les débouchés
Les entreprises d'architecture se caractérisent par un système hiérarchique. Ainsi, se retrouvent dans une équipe des architectes débutants, des directeurs de projet, etc. En parallèle, l'architecte peut se consacrer au design, dans sa conception et son développement, comme il peut gérer un projet, se charger de la supervision des travaux ou devenir un architecte de construction dans une entreprise contractante.
Dans un bureau d'études, un architecte débutant est payé autour de 1 600 dollars, alors qu'un chef de département gagne environ 10 000 dollars. « Plus l'architecte se forme en se spécialisant, plus son poste et son salaire évoluent », conclut Charles Hajj.

  

Comment devient-on architecte ?

Une licence et un master sont délivrés à l'Institut des beaux-arts de l'Université libanaise et l'Université Saint-Esprit de Kaslik.
L'école d'architecture de l'Académie libanaise des beaux-arts (Alba) remet, après six années d'études, un diplôme d'études supérieures en architecture, équivalent à un master.
À la Notre Dame University (NDU), l'étudiant obtient une licence en architecture, à raison de 182 crédits étalés sur cinq ans, et un master en architecture – aménagement environnemental et urbain, après la validation de 36 crédits.
À la faculté de génie et d'architecture de l'Université américaine (AUB), sont délivrés, après environ cinq années d'études et 174 crédits, une licence en architecture, et, après 30 crédits validés en deux ans, un master en aménagement urbain.
Enfin, l'étudiant peut apprendre l'architecture à la Lebanese American University (LAU). Une licence lui est délivrée après cinq années d'études et 176 crédits.

 

 

 

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