Rechercher
Rechercher

Économie - Finance

Les Bourses chinoises ne parviennent toujours pas à sortir la tête de l’eau

Janvier a été le pire mois depuis la crise financière de 2008 pour la Bourse de Shanghai et Shenzhen n'a guère fait mieux. De quoi accentuer l'incertitude des investisseurs.

Les investisseurs sur les Bourses chinoises ont été inquiets de constater courant janvier que le gouvernement n’intervenait pas massivement pour soutenir le marché. Johannes Eisele/AFP

La Bourse de Shanghai s'est effondrée de 23 % en janvier, enregistrant sa pire performance mensuelle depuis la crise financière de 2008, dans des marchés fragilisés depuis le krach de l'été dernier et toujours hantés par l'essoufflement de l'économie chinoise.
Tout se conjugue pour assombrir le moral des investisseurs : la deuxième économie mondiale a connu en 2015 sa plus faible croissance depuis un quart de siècle, l'activité continue de s'essouffler et les doutes sur la capacité du gouvernement à éviter « un atterrissage brutal » s'intensifient. Malgré un ultime sursaut hier, l'indice composite shanghaïen termine le mois à 2 737,60 points, soit un effondrement de 22,65 % depuis début 2016, sa baisse mensuelle la plus marquée depuis sept ans. Le bilan est plus désastreux encore à la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, où la cote, dominée par les valeurs technologiques, a dégringolé de quasiment 27 % en l'espace d'un mois.
« Les marchés s'enfoncent, car les fondamentaux économiques sont terriblement mauvais. Aucune grande annonce de politique économique n'arrive à revigorer les investisseurs », a indiqué à l'AFP Guo Yanhong, analyste du courtier Founder Securities. La croissance du PIB chinois à ralenti à 6,9 % en 2015, et les mesures de relance adoptées par Pékin pour stimuler l'activité, notamment via de multiples assouplissements de politique monétaire, peinent à porter leurs fruits. Du coup, les investisseurs tendent à perdre confiance dans la capacité des autorités à maintenir à flot l'économie tout en opérant un douloureux rééquilibrage du modèle de croissance chinois.
Signal inquiétant de la nervosité générale, les fuites de capitaux hors du pays ne cessent de s'intensifier : elles ont atteint le niveau sidérant de 1 000 milliards de dollars l'an dernier, selon les estimations de Bloomberg Intelligence. Sur le seul mois de décembre, le montant net des capitaux évaporés surpasse celui de l'année 2014 toute entière. Or, « du point de vue des marchés financiers, ce sont des fuites de capitaux incontrôlées et non pas le ralentissement de la croissance du PIB, qui représente la préoccupation principale », souligne Wang Tao, économiste de la banque UBS.

Plus d'interventions en fanfare ?
Vue de l'étranger, la situation ressemble furieusement au violent décrochage des places chinoises l'été dernier, qui avaient fait trébucher dans leur sillage les marchés mondiaux. Après s'être envolée de 150 % en un an, dopée par l'endettement, la Bourse de Shanghai s'était effondrée de 40 % en l'espace de quelques semaines, malgré les interventions désordonnées et controversées des autorités à coups d'achats massifs d'actions sur fonds publics. Pékin avait peu après provoqué un nouveau coup de semonce en dévaluant soudainement le cours du yuan.
En raison des restrictions imposées, les Bourses chinoises sont très isolées du reste du monde, et même relativement déconnectées de l'économie réelle en Chine.
Les investisseurs sur les Bourses chinoises, essentiellement des petits porteurs, ont été affolés de constater courant janvier que le gouvernement n'intervenait pas massivement pour soutenir le marché, comme il l'avait fait l'été dernier. « Ils ont sauvé le marché à plusieurs reprises l'an dernier, intervenant en fanfare avec des gros sabots. Maintenant, la Bourse chute comme une pierre et les autorités restent silencieuses », commente pour l'AFP Zhang Qi, analyste du courtier Haitong Securities. Autre motif d'effroi pour les boursicoteurs : la mise en place début janvier par le régulateur du secteur d'un « coupe-circuit », un mécanisme destiné à interrompre automatiquement les échanges en cas de forte baisse. Un faux pas monumental : contre-productive, l'initiative a en fait suscité une panique générale. Les petits porteurs, affolés à l'idée de ne pas pouvoir vendre leurs actions quand ils en ont envie, se sont empressés de se délester d'une partie de leurs titres... Le « coupe-circuit » a finalement été suspendu après seulement quatre jours.
De son côté, la Banque centrale chinoise a multiplié depuis la semaine dernière les injections d'abondantes liquidités dans le système financier, pour satisfaire le traditionnel pic de la demande d'argent liquide lors des congés du Nouvel An lunaire... et éviter tout grippage de l'économie.
(Source : AFP)

La Bourse de Shanghai s'est effondrée de 23 % en janvier, enregistrant sa pire performance mensuelle depuis la crise financière de 2008, dans des marchés fragilisés depuis le krach de l'été dernier et toujours hantés par l'essoufflement de l'économie chinoise.Tout se conjugue pour assombrir le moral des investisseurs : la deuxième économie mondiale a connu en 2015 sa plus faible croissance depuis un quart de siècle, l'activité continue de s'essouffler et les doutes sur la capacité du gouvernement à éviter « un atterrissage brutal » s'intensifient. Malgré un ultime sursaut hier, l'indice composite shanghaïen termine le mois à 2 737,60 points, soit un effondrement de 22,65 % depuis début 2016, sa baisse mensuelle la plus marquée depuis sept ans. Le bilan est plus désastreux encore à la Bourse de Shenzhen,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut