Darbin hormonéta. Parce qu'elle est en PMS (premenstrual syndrome), en ovulation, en ménopause. Oui, avant les règles, les femmes ont une montée d'hormones. Pendant l'ovulation aussi. Eh bon, dès qu'elles entrent en ménopause, vous savez ce que c'est. En fait non, messieurs, vous ne savez pas ce que c'est. Vous ne savez pas ce que c'est quand les hormones décident de s'éclater dans votre corps. Qu'elles vous font gonfler, faire de la rétention d'eau, vous font pleurer, hurler. Vous rendent irritables. Donnent des envies de chocolat. Font baisser la libido.
Mythe ? Réalité ? Ah, c'est facile de croire que les femmes font exprès. Parce que ce ne sont pas elles qui provoquent cette espèce de double salto arrière au niveau de leur humeur. C'est la faute aux estrogènes et aux progestérones, et même à la testostérone. Ces trucs responsables des attributs féminins (on aurait préféré qu'il y ait un autre genre de responsable), ces trucs sécrétés après le 14e jour. Vous savez ce fameux 14e jour. Ça fait genre La Neuvième Porte avec Johnny Depp. Jour diabolique qui peut foutre une vie en l'air si on n'avait pas prévu le tir. On pourrait d'ailleurs utiliser plein de titres de films avec le beau Depp pour parler de ces attributs féminins. Faire de belles métaphores. Secret Window (on se comprend), Into the Woods (on se comprend aussi), Arizona Dream (ah, le désert d'Arizona...) ou Cry Baby (ça pleure, une femme, quand les hormones jouent au football).
Non, vous ne lisez pas Santé Plus et ne surfez pas sur Doctissimo. Vous n'êtes pas non plus en train de feuilleter un magazine féminin chez le coiffeur. Vous êtes bien dans votre quotidien. Et pas dans sa page santé du mardi. Non, non, vous êtes bien là. Parce que ce qui concerne une femme concerne tout le monde. Parce que les menstruations, les variations d'hormones, les sautes d'humeur, les larmes, les idées noires, les douleurs, ça fait partie d'elle-même. Et donc, de vous. Ah bon ? Comment ? Eh bien, tout simplement parce que depuis la nuit des temps, à cause de ces foutues estrogènes et progestérones, les femmes s'en sont pris plein la figure. « Psychoses menstruelles », « mal féminin », hystérie (on ne rappellera pas que le mot vient d'utérus), honte, impureté, folie, diabolisation... Bonjour l'empathie. On voudrait vous y voir gérer un dérèglement hormonal. Supporter des maux de tête, voir vos pectoraux durcir soudainement, avoir des sueurs alors qu'il fait 6°, fondre en larmes devant un chaton écrasé, prendre 2 kilos d'eau et ressembler à une baudruche. On aimerait vous y voir. Et là peut-être que vous aurez un peu, mais alors un peu de compassion. Vous savez ce petit truc provoqué par l'ocytocine (tiens l'hormone de l'amour, généralement révélée lors de l'orgasme) qui vous permettrait de comprendre les galères mensuelles auxquelles les femmes ont à faire.
Vous comprendrez que c'est dur pour elles parce que, depuis toujours, elles ont honte quand elles « les ont ». Parce que « c'est sale ». Parce qu'on préfère dire « Les Anglais ont débarqué », « Je suis indisposée » « Éjit Tante Rose », « Sakhné », plutôt que « J'ai mes règles ». Parce que cette phrase indispose justement. Ah, trop d'infos là. Pourtant c'est grâce à ces menstruations que vous êtes là, quelque part. Sans elles, ça serait compliqué de débarquer sur la planète Terre. Plus d'Anglais et plus de vous/nous, tout court. Est-ce le sang qui dérange ? Ce sang qui a poussé Instagram à censurer (puis à la remettre après le tollé provoqué) la photo d'une jeune femme au sweatpant taché ? Ce sang qu'on ne veut pas voir alors qu'on le sublime quand il dégouline dans un film d'action. On aime l'hémoglobine qui gicle d'une mâchoire quand Di Caprio assène un coup de massue dans The Revenant. Celui-là, ça va. Mais l'autre...
Allez comprendre. Justement, venez comprendre. Un peu. Rien qu'un peu, ce que les femmes vivent. Et ne nous dites pas « Oui, mais vous, vous pouvez être enceintes ». Parce que ça aussi... vous ne l'auriez pas supporté.
Mythe ? Réalité ? Ah, c'est facile de croire que les femmes font exprès. Parce que ce ne sont pas elles qui provoquent cette espèce de double salto arrière au niveau de leur humeur. C'est la faute aux estrogènes et aux progestérones, et même à la testostérone. Ces...


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BIEN QUE NOUS COMPATISSONS AVEC LES DOULEURS DES FEMMES... ADRESSEZ-VOUS, CHÈRE MADAME, À LA NATURE QUI VOUS A CRÉÉES ET OU AUX GINÉCOLOGUES... NOUS SOMMES IGNARES EN LA MATIÈRE...
11 h 54, le 30 janvier 2016