Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, s'est rendu hier à Abou Dhabi, en compagnie du ministre Élias Bou Saab et de l'ambassadeur du Liban aux Émirats arabes unis, Hassan Saad.
Il a pris part à la première réunion de concertation entre les pays de la Ligue arabe, au niveau des chefs de la diplomatie, à Abou Dhabi. La tenue des rencontres de concertation avait été décidée lors du sommet de la Ligue arabe au Caire, le 10 janvier dernier, dans le but d'élaborer des stratégies communes de lutte contre les organisations terroristes et contre les ingérences iraniennes dans les affaires arabes.
Après avoir été le seul à s'abstenir, au Caire, de voter pour la déclaration de solidarité arabe contre l'Iran, le chef de la diplomatie libanaise se serait en revanche rendu à la réunion d'Abou Dhabi avec l'intention de dénoncer les ingérences iraniennes dans les affaires arabes, au nom de la souveraineté des États, selon une source présente à la réunion d'Abou Dhabi. C'est cette dernière position qu'il avait d'ailleurs transmise au délégué du Liban à la réunion arabo-indienne qui s'était tenue à Bahreïn, et la même position qu'il a prié l'ambassadeur du Liban en Arabie, Abdel Sattar Issa, de retenir. Certains observateurs font état d'un « revirement » du ministre Gebran Bassil, lié à la récente position du Premier ministre Tammam Salam à Davos, qui a dénoncé sans ambiguïté les ingérences iraniennes dans la région.
Une lecture que rejette en bloc le chef de la diplomatie libanaise.
« Nous assumons notre position exprimée au Caire, qui reste inchangée. Cette position nous place en effet à égale distance de toutes les parties et nous permet, d'une part, de préserver notre unité nationale et, de l'autre, de remplir un rôle positif et efficace de rapprochement entre les différentes parties », a souligné M. Bassil en réponse aux questions des journalistes qui l'accompagnaient. Il a dénoncé dans ce cadre « la campagne médiatique au Liban, qui a dénaturé la teneur de notre position : le Liban s'est distancié du conflit irano-saoudien et n'a pris position en faveur d'aucune partie ».
Même si aucune information officielle n'a émané de la réunion d'Abou Dhabi, le ministre Bassil a révélé que « ses homologues arabes ont fait preuve de bienveillance et de compréhension par rapport à la position de distanciation que le Liban a prise au Caire ». « Nous voulons diffuser notre propre expérience de dialogue », a-t-il ajouté.
Mais c'est aussi une autre dimension que le ministre a retenu de sa lecture particulière du modèle libanais : « Cette expérience nous révèle que ce qui unifie les sociétés, ce sont les dangers, porteurs de peurs. Et ces dangers sont aujourd'hui incarnés par Israël et par le terrorisme. »
Il a ainsi accordé la priorité à la lutte contre le terrorisme et contre Israël. Le ministre a ainsi appelé ses interlocuteurs à « raviver la cause palestinienne, notre cause fondamentale, reléguée aujourd'hui au second plan », tout en renforçant le combat pour éradiquer le terrorisme : sans ces deux combats, « la région risque de s'enliser dans des divisions communautaires ».
« L'opportunité se présente aujourd'hui pour le Liban d'assumer un rôle actif dans ses rapports avec les pays arabes au niveau de ces deux combats », a-t-il poursuivi. Il est important que le Liban soit suffisamment fort et protégé pour prendre part à la lutte, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la réunion d'Abou Dhabi a également porté sur les préparatifs de la Conférence de Genève III, qui doit se tenir le 28 janvier courant, en présence d'une délégation de l'opposition syrienne et d'une délégation du régime, avec la médiation de l'Onu.
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Monsieur Bassil, laissez la cause palestinienne aux Palestiniens...ils sont assez grands pour s'en occuper eux-mêmes ! Vous êtes Ministre des Affaires Etrangères du Liban...donc occupez-vous des affaires qui nous concernent. Est ce que les Palestiniens (surtout les réfugiés qui vivent chez nous) s'occupent du Liban...à part de semer le désordre dans notre pays à chaque fois que cela les arrange ? Avez-vous déjà oublié la guerre civile 1975-1990 qu'ils ont provoquée ? Vous ne l'avez probablement pas vécue comme nous...vous étiez encore un enfant ! Demandez à votre beau-père de vous la raconter ! Irène Saïd
17 h 43, le 26 janvier 2016