Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika (photographié en juin 2015 à Alger), a renforcé son contrôle sur les services secrets. Alain Jocard/AFP
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a créé une nouvelle direction des services secrets à la place de l'ex-Département du renseignement et de la sécurité (DRS), épine dorsale du régime qu'il a décidé de dissoudre, a rapporté hier la presse d'Alger. La Direction des services sécuritaires (DSS) est confiée au général à la retraite Athmane Tartag, nommé en septembre à la place du tout-puissant général Mohammad Mediene dit Toufik qui a dirigé le DRS pendant 25 ans, faisant de lui un « État dans l'État », avec notamment une mission très décriée de police politique. M. Bouteflika a créé cette nouvelle direction par un décret non rendu public, selon le quotidien gouvernemental el-Massa. L'information n'a pas été confirmée de source officielle. En plaçant la DSS sous son contrôle direct, M. Bouteflika diminue l'influence de l'état-major de l'armée à qui étaient confiées des missions anciennement dévolues au DRS. Il renforce son pouvoir et devient l'unique centre de décision dans le pays. Le chef de l'État avait entamé une restructuration du DRS à la fin 2013, alors qu'il se préparait à entrer en campagne pour un 4e mandat. Soupçonnant le général Toufik d'un soutien tiède à ce nouveau mandat, il l'a limogé en septembre dernier, après lui avoir soustrait progressivement de nombreuses prérogatives. La création de la DSS marque une nouvelle étape dans la restructuration des services de renseignements algériens et place la présidence de la République en première ligne dans le suivi des questions de sécurité.
(Source : AFP)

