Liban

Une femme enlevée puis relâchée à Saïda

Sécurité
Pat.K. | OLJ
25/01/2016

L'affaire de Samar Ahmad, la jeune femme enlevée jeudi à Saïda, continue de susciter des réactions, notamment dans les milieux islamistes.
Samar Ahmad, âgée d'une vingtaine d'années et mère de deux enfants, a disparu alors qu'elle se trouvait devant sa maison à Saïda pour quelques heures. Ses parents ont donné l'alerte, et une fois relâchée, elle a témoigné devant la police qu'elle avait été enlevée par des hommes qui l'ont interrogée sur le sort de son époux, porté disparu en Irak.
En effet, « Samar Ahmad est la veuve d'un réfugié palestinien de Aïn el-Héloué, Rached Abou Zeid, qui a subitement disparu au printemps dernier, pour rejoindre les rangs de l'État islamique (EI). Quelques semaines plus tard, sa famille a reçu un coup de téléphone l'informant que l'homme est mort en kamikaze en Irak, se faisant exploser au milieu d'une foule. Le corps de Rached Abou Zeid n'a jamais été rapatrié », rapporte à L'Orient-Le Jour une source bien informée à Saïda.
« Le frère de Samar Ahmad, lui, était très proche du cheikh fondamentaliste d'Abra, Ahmad el-Assir. Il a été emprisonné puis relâché par les autorités libanaises », ajoute-t-on de même source.
Samar Ahmad a été interrogée à deux reprises par la police, devant qui elle a rapporté qu'elle avait été enlevée par des hommes qui l'on droguée et cachée dans le coffre de leur voiture pour l'interroger sur son époux défunt. Quelques détails de sa version ne collent pas à celle de sa belle-sœur, qui était avec elle avant l'enlèvement.
L'histoire ne s'est pas arrêtée là. Les mouvements islamistes de Saïda ont haussé le ton samedi quand les forces de l'ordre ont menacé d'emprisonner Samar Ahmad pour avoir livré un faux témoignage.
Ce qui a provoqué un tollé dans divers milieux, notamment fondamentalistes, de Saïda.
La Jamaa islamiya a publié un communiqué dénonçant l'enlèvement, notant que l'on « ne peut pas se taire devant de tels événements à Saïda » et appelant « les autorités à faire sans délai la lumière sur cette affaire en la traitant avec professionnalisme et sérieux ». Le groupe a menacé d'agir, dans le cas contraire.
Pour sa part, l'imam de la mosquée al-Ghofran, Houssam Ilani, a souligné l'importance de « faire rapidement la lumière sur l'affaire », invitant les autorités concernées à « rendre publics les résultats de leur enquête ».
Rappelons que jeudi dernier également, une jeune réfugiée palestinienne de Aïn el-Héloué avait été portée disparue à Saïda. Marwa Jomaa est une parente à Abou Mahjan, un fondamentaliste d'Isbat al-Ansar recherché par les autorités libanaises depuis une quinzaine d'années pour des liens présumés avec le réseau el-Qaëda, mais toujours en liberté à l'intérieur du camp.
Quelques heures après la disparition de la jeune femme, la Sûreté de l'État a informé sa famille qu'elle l'a arrêtée pour avoir posté sur les médias sociaux des slogans de soutien à l'EI. « Elle a été relâchée ensuite et c'est Haytham Saadi, alias Abou Tarek, le frère d'Abou Mahjan, qui est venu la rechercher auprès de la Sûreté de l'État », souligne-t-on en conclusion de même source à Saïda.

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