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Nos lecteurs ont la parole - Sissi Baba

« Charlie Hebdo » : quand le stylo agresse...

Jamais le stylo ne peut agresser. Du moins, c'est ce que je pensais. C'est qu'il a toujours été clair que celui ou celle qui porte le stylo en main est une personne qui réfléchit. Voilà pourquoi dans un monde devenu de plus en plus absurde et injuste comme le nôtre, la personne qui réfléchit (artiste, journaliste, intellectuel, etc.) est ciblée, agressée, et parfois assassinée par les forces du mal qui s'amusent à se manifester sous plusieurs formes: des politiciens corrompus, des régimes dictatoriaux, et des organisations terroristes.
Il y a juste un an, Charlie Hebdo venait d'être victime du terrorisme. Il est normal pour des gens «trop» sérieux, assez cruels ou assez ignorants, d'assassiner des caricaturistes dont l'esprit est assez ouvert, et qui savent et font rire. La vision du monde devient, encore une fois, manichéenne: c'est l'armée contre le stylo, le caractère grave contre le rire.
Et nous, Libanais, savons exactement de quoi il s'agit, puisque nous avons perdu une élite de journalistes depuis le début de la guerre civile jusqu'en 2005 où ces mêmes forces du mal – dont l'origine est toujours la même, ont assassiné Samir Kassir et Gebran Tuéni. Voilà pourquoi nous comprenons vraiment la souffrance et la perte qu'a subies l'équipe de Charlie Hebdo et de la France en particulier, et du monde qui lève haut le principe de la liberté de l'expression.
Mais aujourd'hui, Charlie Hebdo, victime récente du terrorisme, fait de Aylan, la victime noyée, une nouvelle victime : suite aux agressions qui ont eu lieu en Allemagne le jour de l'An où des migrants ont sexuellement agressé des femmes dans la garde de Cologne, l'un des caricaturistes de l'hebdomadaire satirique français imagine ce qu'aurait devenu le petit Aylan s'il avait grandi : « Un tripoteur de fesses en Allemagne. »
Est-ce que cette caricature fait rire ? Est-ce qu'elle critique par la moquerie ce qu'il faut critiquer ? La satire n'est réussie que quand elle aboutit à la réflexion. Mais si elle est dépourvue de vraisemblance et cherche uniquement à provoquer ou à faire rire elle devient un exercice argumentatif assez faible et naïf. Je pense que Charlie Hebdo, encore touché par l'acte terroriste qui l'a frappé et dont les plaies sont encore ouvertes, a eu les veines empoisonnées par le bourreau qui l'a rendu victime. Et voici le complexe de la victime qui ne soigne pas bien ses traumatismes : elle devient le bourreau d'une nouvelle victime.
Charlie Hebdo n'a fait qu'enfoncer le stylo dans la plaie de toute personne qui a vu l'inoubliable photo du petit Aylan qui meurt une deuxième fois, victime de la déformation d'une impossible possibilité : c'est de la méchanceté d'associer l'image d'un pauvre enfant noyé au stéréotype de certains agresseurs sexuels. C'est de la méchanceté d'affirmer à tort que l'avenir de Aylan n'aurait été mené autrement. C'est de la méchanceté de considérer tous les migrants comme « tripoteurs de fesses » en Europe. C'est de la méchanceté de faire une telle caricature qui reflète autant de messages cruels et autant de haine.
L'hebdomadaire français est devenu trop pessimiste, puisqu'il voit même dans une possibilité déjà assassinée une sale et fausse certitude. Heureusement, le monde est doté d'une certaine sagesse: les caricatures faites à tort et à travers ont été mal
reçues.
Je ne savais pas que le stylo peut agresser. Non. Je m'attache toujours et obstinément à mon avis parce que le stylo voit dans le petit oiseau un chant d'espoir, et voit dans un passé douloureux le défi qu'il faut surmonter pour continuer à savourer l'exaltante aventure. Un stylo peut être aussi pessimiste mais ne verra jamais dans le cadavre d'un enfant de deux ans un futur violeur. D'ailleurs, à quoi serviront les œuvres artistiques, l'écriture, la danse et la caricature sinon à se débarrasser du pessimisme causé par toutes sortes d'absurdité ?
Il ne faut pas accuser un enfant mort de tripoteur de fesses alors qu'on est devenu hélas tripoteur de la facile provocation. Il faut que Charlie Hebdo soigne les blessures qui saignent encore de sang et de haine (je ne sais envers qui !) avant de continuer à faire couler une encre encore plus noire que le sang. Il ne faut surtout pas jouer innocemment au bourreau alors qu'on était déjà victime. D'ailleurs, cette cruelle caricature (très lointaine de la caricature) rejoint l'acte terroriste qu'a subi Charlie Hebdo. Qu'elle porte le masque du terroriste ou du faux caricaturiste, toute forme de mal ne doit pas trouver des moyens pour se manifester. Surtout pas à travers le stylo !
Ce n'est pas à moi de dire que Riss est un faux caricaturiste. Mais le stylo réfléchit, la méchanceté blesse. Un style qui blesse ne réfléchit certainement pas.

Jamais le stylo ne peut agresser. Du moins, c'est ce que je pensais. C'est qu'il a toujours été clair que celui ou celle qui porte le stylo en main est une personne qui réfléchit. Voilà pourquoi dans un monde devenu de plus en plus absurde et injuste comme le nôtre, la personne qui réfléchit (artiste, journaliste, intellectuel, etc.) est ciblée, agressée, et parfois assassinée par les forces du mal qui s'amusent à se manifester sous plusieurs formes: des politiciens corrompus, des régimes dictatoriaux, et des organisations terroristes.Il y a juste un an, Charlie Hebdo venait d'être victime du terrorisme. Il est normal pour des gens «trop» sérieux, assez cruels ou assez ignorants, d'assassiner des caricaturistes dont l'esprit est assez ouvert, et qui savent et font rire. La vision du monde devient, encore une fois,...
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Le "raisonnable" fait de la Raison ; attribut de l'humain, sujet particulier ; appliquée à elle-même : la Raison Raisonnable dont le culte est l'humaine faculté de penser. "Objet, s'écrie ce raisonnable!" : Voilà bien-là le terme exact, car la caricature n'importe au caricaturiste qu'autant qu'elle est cet objet extérieur de son émotivité où il veut satisfaire son égo ! Rien de + affligé du caractère "inhumain" qu'1 objet : A bas l'objet ! Comment la Raison ne verrait-elle pas dans la caricature sa bête noire ; Satan en chair et en os ! ; cette Raison qui + que tout autre apprend à l'humain à croire à l’objet en dehors de lui, et fait non seulement de la caricature 1 objet mais même de l'objet 1 caricature ? Le "raisonnable" ne se contente pas de métamorphoser la caricature en "objet", il va jusqu'à faire d’elle 1 objet extérieur, non pas only intérieur ; confiné dans le cerveau ; mais manifeste aux sens. La caricature ne vit pas emmuré dans ce cerveau. Non, la caricature est 1 objet sensible, et la "Raison Raisonnable" exige qu’il soit non sensuel. Mais la caricature est 1 non-raisonnable. Elle va jusqu'à faire d'1 être, cet objet extérieur de l'émotivité d'1 autre, l'objet où trouve sa réelle satisfaction le sentiment égoïste de l'autre. Égoïste, parce que c'est sa "propre" essence que chacun quête chez l'autre. Le "raisonnable" est si affranchi de l’égoïsme, qu'il découvre l'étendue de l'essence de l'homme réalisée dans son seul "propre" Moi ! N’est-ce pas ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

06 h 46, le 25 janvier 2016

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  • Le "raisonnable" fait de la Raison ; attribut de l'humain, sujet particulier ; appliquée à elle-même : la Raison Raisonnable dont le culte est l'humaine faculté de penser. "Objet, s'écrie ce raisonnable!" : Voilà bien-là le terme exact, car la caricature n'importe au caricaturiste qu'autant qu'elle est cet objet extérieur de son émotivité où il veut satisfaire son égo ! Rien de + affligé du caractère "inhumain" qu'1 objet : A bas l'objet ! Comment la Raison ne verrait-elle pas dans la caricature sa bête noire ; Satan en chair et en os ! ; cette Raison qui + que tout autre apprend à l'humain à croire à l’objet en dehors de lui, et fait non seulement de la caricature 1 objet mais même de l'objet 1 caricature ? Le "raisonnable" ne se contente pas de métamorphoser la caricature en "objet", il va jusqu'à faire d’elle 1 objet extérieur, non pas only intérieur ; confiné dans le cerveau ; mais manifeste aux sens. La caricature ne vit pas emmuré dans ce cerveau. Non, la caricature est 1 objet sensible, et la "Raison Raisonnable" exige qu’il soit non sensuel. Mais la caricature est 1 non-raisonnable. Elle va jusqu'à faire d'1 être, cet objet extérieur de l'émotivité d'1 autre, l'objet où trouve sa réelle satisfaction le sentiment égoïste de l'autre. Égoïste, parce que c'est sa "propre" essence que chacun quête chez l'autre. Le "raisonnable" est si affranchi de l’égoïsme, qu'il découvre l'étendue de l'essence de l'homme réalisée dans son seul "propre" Moi ! N’est-ce pas ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 46, le 25 janvier 2016

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