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Économie - Focus

L’opposition vénézuélienne refuse l’état « d’urgence économique »

Le Parlement vénézuélien a rejeté hier l'état d'« urgence économique » décrété par le président Nicolas Maduro, signant le premier acte fort de l'opposition, désormais majoritaire à l'Assemblée, mais ouvrant la voie à un possible blocage politique dans le pays pétrolier.
Le décret, instituant cet état d'urgence pour 60 jours, avait été pris par le dirigeant socialiste le 15 janvier, mais devait être validé par les parlementaires.
Le président Maduro a réagi hier en accusant l'opposition de « tourner le dos » au Venezuela et de choisir la voie de la « confrontation stérile ». Son initiative se voulait une réponse à la situation critique du pays sud-américain, où pénuries au quotidien et inflation galopante suscitent un mécontentement populaire ayant profité à l'opposition lors du scrutin législatif du 6 décembre dernier. Il prévoyait notamment le recours par le gouvernement aux moyens des entreprises privées (transport, distribution) pour « garantir l'accès » aux aliments, médicaments et biens de première nécessité et le contrôle des changes.
« Le peuple a voté pour un changement et non pour un modèle communiste qui a échoué », a réagi Élias Mata, vice-président de la commission parlementaire en charge d'étudier le décret.
« Comment peut-on voter pour un décret quand le gouvernement n'a même pas fourni les informations qui pourraient éventuellement plaider en sa faveur ? » s'était interrogé le président du Parlement, l'antichaviste Henry Ramos Allup, dans un entretien à la chaîne américaine CNN la veille. « Ce serait totalement irresponsable de la part de l'Assemblée nationale d'approuver un décret de cette magnitude (...), à l'aveugle, sans aucune information, après que le gouvernement lui-même eut renoncé » à en donner, a-t-il ajouté.
Le député José Guerra, président de la commission spéciale chargée d'évaluer le décret, avait assuré hier à la chaîne Globovision que l'opposition présenterait une série de propositions pour faire face, à sa manière, à la situation : « Notre intérêt est que cette crise se résolve, mais elle ne va pas se résoudre avec les politiques du gouvernement. » L'opposition, mais aussi les syndicats et les milieux d'affaires craignaient que le décret menace la propriété et l'entreprise privées, détruise le pouvoir d'achat et nuise à l'emploi.
Le Venezuela est plongé dans une crise économique profonde. Selon la Banque centrale, en septembre 2015, l'inflation sur un an atteignait 141,5 %, une des plus élevées au monde, et le PIB a diminué de 4,5 % entre janvier et septembre, des « chiffres catastrophiques », de l'aveu même du président. Le pays possède les plus larges réserves de pétrole de la planète, mais est plombé par la chute des cours du brut – son baril a plongé sous les 22 dollars – qui lui apporte 96 % de ses devises. Par conséquent, le déficit public devrait représenter cette année, selon des estimations de cabinets privés, 20 % du PIB, lui-même prévu en recul de 8 % par le Fonds monétaire international (FMI). L'institution a également prévu hier une inflation de 720 % pour 2016.
(Sources : agences)

Le Parlement vénézuélien a rejeté hier l'état d'« urgence économique » décrété par le président Nicolas Maduro, signant le premier acte fort de l'opposition, désormais majoritaire à l'Assemblée, mais ouvrant la voie à un possible blocage politique dans le pays pétrolier.Le décret, instituant cet état d'urgence pour 60 jours, avait été pris par le dirigeant socialiste le 15 janvier, mais devait être validé par les parlementaires.Le président Maduro a réagi hier en accusant l'opposition de « tourner le dos » au Venezuela et de choisir la voie de la « confrontation stérile ». Son initiative se voulait une réponse à la situation critique du pays sud-américain, où pénuries au quotidien et inflation galopante suscitent un mécontentement populaire ayant profité à l'opposition lors du scrutin...
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