Au Liban, les surprises ne manquent pas et j'aimerais parfois que la balance penche du côté du bien ou de la bonne cause. Un rêve qui, peut-être, se réalisera un jour. Mais cette fois, c'est encore raté ! En début d'année, la Direction générale de la Sûreté générale a publié un communiqué sur la suppression des passeports renouvelés « à la main ». C'était vraiment le cadeau empoisonné de la nouvelle année, car bien sûr, il nous manquait une tuile de la sorte pour couronner la situation déplorable actuelle.
Pensez-vous que l'État a informé les citoyens suffisamment à l'avance pour qu'ils effectuent le nécessaire ?
Raté ! On avait moins d'une semaine pour le faire, car ces passeports sont obsolètes depuis le 10 janvier. Oui, moins d'une semaine est accordée aux citoyens libanais pour renouveler leurs passeports qui, normalement, mettent trois jours à être délivrés. Comment faire ? Eh bien, courir dans tous les sens, faire jouer ses pistons, harceler l'employé pour le presser et obtenir les documents nécessaires. Sans parler des voyageurs qui ne bénéficient pas de ce délai : donc panique à bord !
Croyez-vous qu'on ait prévenu les citoyens à l'étranger, comme tout État qui se respecte ? Encore raté ! Ils ont été prévenus par leurs proches et leurs amis sur les réseaux sociaux. Cerise sur le gâteau : le passeport ne peut pas être renouvelé dans les ambassades, mais il doit être envoyé au Liban avant de le récupérer trois mois plus tard. Trois mois à attendre, arrêter ses affaires, expliquer à nos employeurs étrangers, qui vont vous rire au nez, sachant que les directives sur l'Aviation civile internationale ont pris effet depuis fin 2011. Là aussi c'est bien raté pour la Liban. Il met cinq ans pour se rendre compte que les passeports « écrits à la main » ne sont pas conformes aux normes internationales.
Et pour ceux et celles qui ont obtenu le passeport en 2015 pour une durée de cinq ans. Désolée de le répéter mais, une fois de plus, c'est raté ! Les années sont perdues ainsi que les frais engagés. On n'a pas que ça à faire : payer, subir et supporter les faux pas de nos chers dirigeants. Et puis quoi encore ?
Le pays est plongé depuis plus de deux ans dans une pauvreté pitoyable, les chiffres de chômage ne baissent pas, les salaires sont de plus en plus scandaleux, le coût de la vie n'arrête pas d'augmenter, en plus des problèmes d'ordures, de corruption, de présidence, etc. Et vous nous demandez de supporter encore et toujours ? Et cette lueur d'espoir qui fait rêver plus qu'un, existe-t-elle toujours ? Allons-nous toujours pratiquer la politique de l'autruche comme auparavant ?
D'habitude de nature optimiste, toujours à voir le verre à moitié plein, mais là et avec grande amertume je ne vois pas en quoi être libanaise me sert dans la vie à part me compliquer l'existence. Puis après on me dit toujours « Lebnen ktir 7elo chou bou ? ». Lui rien, mais ceux qui le gouvernent sûrement !

