Comme de nombreux secteurs de l'économie libanaise, le marché immobilier commence l'année 2016 avec une certaine mélancolie. Les espoirs de l'élection d'un nouveau président de la République amorcés en décembre dernier se sont progressivement estompés.
Les derniers tiraillements régionaux entre l'Arabie saoudite et l'Iran n'annoncent rien de bon à court terme. Il semble qu'un heureux événement au niveau de la présidentielle ne soit pas pour demain.
Malheureusement, beaucoup de promoteurs, de propriétaires d'appartements, de bureaux, de magasins et de terrains avaient misé sur cette élection. Voilà des mois que certains n'ont trouvé ni acheteur ni locataire pour leur bien.
Il est incontestable que la présence d'un nouveau président au palais de Baabda redonnerait du baume au cœur de l'économie locale et rehausserait la confiance des ménages et des entreprises.
En attendant cette hypothétique bonne nouvelle, le marché doit prendre son mal en patience.
Heureusement, la demande existe, mais elle reste timide. Il y a toujours des transactions foncières, des ventes et des locations. Le marché est loin d'être à l'arrêt. Mais les disponibilités sont tellement nombreuses que la compétition entre les propriétaires est importante.
Les seules personnes qui peuvent se réjouir de la crise politique actuelle sont les acheteurs potentiels d'appartements et les commerçants à la recherche de locaux commerciaux.
Tant qu'aucun dénouement ne se pointe à l'horizon à Baabda, le temps joue pour eux puisque les prix et les loyers baissent.
Il est apparu que les dernières transactions se concluaient avec des négociations de plus de 10 %. Dans certains cas, la marge atteint 20 %. Sans surprise, l'évolution résulte logiquement de la confrontation de l'offre et de la demande. Bien qu'il ne soit pas exclu que les prix fléchissent encore dans les semaines qui viennent, il est évident que le moment est idéal pour négocier et profiter de l'immobilisme politique actuel pour obtenir le meilleur prix.
Définitivement, ce sont les acheteurs et les locataires qui ont les cartes en main pour fixer le prix et le loyer qu'ils sont prêts à payer.
Ainsi, la crise politique actuelle affecte le marché. L'élection d'un nouveau président de la République ne va pas faire non plus des miracles, mais au moins cela aiderait le secteur immobilier à stopper cette période de déclin amorcée depuis 2-3 ans et arrêter la baisse des prix actuels qui tend à se généraliser.
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