Jamais peuple n'aura autant fait preuve d'apathie, de soumission à une classe dirigeante avide de pouvoir et d'argent. Jamais peuple n'aura autant accepté d'être avili, trompé, tourné en bourrique par ceux qui sont censés le servir et améliorer son quotidien. Jamais peuple n'aura autant fait montre de crédulité, aveuglé par les discours incendiaires des chefs communautaires.
Il aura réussi à s'adapter à tout, le peuple libanais, à accepter l'inacceptable, en silence et avec résignation.
D'abord la guerre, ou plutôt les guerres successives qui lui ont été imposées, qui l'ont transformé en rat d'abri ou en candidat à l'émigration. Puis les aberrations qui ont accompagné la « reconstruction » et qui font qu'au pays du Cèdre, rien ne fonctionne plus, surtout pas les institutions, gangrenées par la paralysie et la corruption.
L'une après l'autre, les infrastructures publiques s'effondrent, abandonnant le citoyen à son triste sort. Livré à lui-même, ce dernier n'en peut plus de lutter pour assurer sa survie et se préserver une qualité de vie décente.
Miné par le manque d'eau et d'électricité, épuisé par le chaos ambiant sur les routes et ailleurs, dégoûté de la saleté qui l'entoure depuis que les ordures envahissent l'espace public, découragé par la grande médiocrité des services publics, c'est avec consternation qu'il constate, à présent, combien la justice de son pays fonctionne à deux vitesses. Et surtout combien est loin de se réaliser son rêve d'un État de droit digne de ce nom. Un État qui n'hésiterait pas à traiter tous ses citoyens, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, sur un pied d'égalité, quelles que soient leur religion, leur communauté ou leur appartenance.
Mais il ne réagit toujours pas, le citoyen, ou si peu, alors que son pays s'enfonce inexorablement dans le sous-développement. Tout juste a-t-il pris la peine de manifester sa grogne, une ou deux fois l'été dernier, au pic de la crise des ordures, poussé par une jeunesse contestataire hors d'elle-même.
Paralysé de peur suite aux débordements, il a vite fait de rejoindre ses pénates et son confortable fauteuil, et se contente de se plaindre à mi-voix et de vouer la classe politique aux gémonies, laissant aux autres le soin de lutter pour ses droits. Ces autres qui peinent désormais à mobiliser la rue, malgré toute la détermination du monde.
Sait-il pourtant, le citoyen, que ses droits à une vie meilleure, il ne les obtiendra jamais sur un plateau d'argent, mais à force de revendications et d'acharnement ? Pas seulement en tant qu'individu, mais en tant que peuple qui lutte pour ses droits légitimes nationaux.
Liban - Citoyen Grognon
Apathie, quand tu nous tiens...
OLJ / Par Anne-Marie El-HAGE, le 16 janvier 2016 à 00h00


QUAND NOUS NOUS COMPORTONS EN MOUTONS DE PANURGES ET NOUS SUIVONS TETE BASSE EN BELANT NOS CHEFS HERITIERS... OU IMPOSES... PAR NOTRE HEBETUDE... DES TRIBUS APPARTENANT... OUI APPARTENANT... A LEURS GRANDS PERES ET PERES... OU A LEURS MAITRES ETRANGERS... QUE PEUT-ON ATTENDRE D,UN TEL PEUPLE ENDORMI ET AVEUGLE ? LE REVEIL ? CE REVEIL COMMENCE PAR LA DISTANCIATION ET LE RENIEMENT DES TRIBUS LOCALES TOUT COMME REGIONALES ET INTERNATIONALES ET PAR LE SENS ET LE SENTIMENT DE L,APPARTENANCE NATIONALE... ON EST A DES DISTANCES ASTRONIMIQUES LOIN D,UNE TELLE CONCEPTION...
11 h 00, le 16 janvier 2016