Le ministre de l’Environnement, Mohammad Machnouk. Photo Ani
Le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, a estimé hier que « l'exportation des déchets est la preuve de l'incapacité des autorités à trouver des décharges sanitaires ». « Le pays est incapable de trouver trois décharges sanitaires alors qu'il croule sous 760 dépotoirs sauvages », a-t-il déploré. C'est lors de la signature d'un protocole de coopération avec le recteur de l'Université libano-canadienne, Rony Abi Nakhlé, que M. Machnouk a tenu ces propos, fustigeant par la même occasion les personnalités politiques à la recherche de voix. « C'est comme si les élections allaient avoir lieu demain », a ironisé le ministre, regrettant que l'exportation des ordures soit aujourd'hui à l'ordre du jour. « Nul n'est fier de cette option, a-t-il indiqué, c'est pourtant devenu une sorte d'accord de principe adopté par le gouvernement ». Le ministre s'est pourtant dit convaincu que « les décharges sanitaires figurent parmi les solutions qui sont dans l'intérêt écologique du Liban, car elles privilégient la transformation des ordures en énergie et permettent donc de se débarrasser des déchets ». Toujours dans le cadre de la crise des déchets, Mohammad Machnouk a adressé un mémorandum au directeur général des douanes, Chafik Merhi, l'informant des restrictions imposées pour l'importation et l'installation d'incinérateurs dans le pays. Il a ainsi demandé que « les incinérateurs soient interdits d'entrée au Liban sans autorisation préalable du ministère de l'Environnement » qui doit évaluer l'impact écologique de tels équipements.
Dans les détails, la circulaire rappelle le décret-loi 8633 qui insiste sur la nécessité « d'empêcher toute institution officielle de mener à bien son projet avant que le ministère de l'Environnement n'établisse une évaluation scientifique des répercussions de ce projet sur l'environnement », à savoir du « degré de toxicité des particules polluantes qui se dégagent des incinérateurs ».

