La société Aramco est l’une des plus grosses du monde en termes de production et d’exportation de pétrole, principal moteur de l’économie saoudienne. Marwan Naamani/AFP
Le géant pétrolier Aramco, pilier économique de l'Arabie saoudite, étudie plusieurs scénarios pour une entrée en Bourse, au moment où Riyad subit une baisse de ses revenus provoquée par la chute du prix du pétrole.
L'entreprise d'État a indiqué hier dans un communiqué « étudier différentes options pour permettre une plus grande participation » extérieure à son capital, qui avait été évoquée la veille par le vice-prince héritier Mohammad ben Salmane.
Parmi ces options, Aramco cite l'ouverture dans « une proportion appropriée » de son propre capital ou l'entrée en Bourse de ses filiales.
La société est l'une des plus grosses du monde en termes de production et d'exportation de pétrole, principal moteur de l'économie saoudienne qui est la première du monde arabe. En moyenne, Aramco a extrait 9,54 millions de barils par jour en 2014, soit le huitième de la production mondiale, selon des chiffres publiés sur son site officiel.
Le prince Mohammad, jeune fils du roi Salmane, avait estimé dans les colonnes de l'hebdomadaire britannique The Economist publié jeudi qu'une entrée en Bourse d'Aramco serait « dans l'intérêt du marché saoudien et dans l'intérêt d'Aramco ».
Dans son communiqué, la société indique que le résultat de l'étude des options d'ouverture du capital sera présenté à son conseil d'administration, qui fera à son tour des recommandations à son Conseil suprême. Elle ne donne aucune idée de la date à laquelle pourrait être prise une décision. Le Conseil suprême est présidé par le prince Mohammad ben Salmane et supervise Aramco depuis que la compagnie a été séparée du ministère du Pétrole l'année dernière.
L'Arabie saoudite était le premier exportateur mondial de pétrole en 2015 et la compagnie nationale Aramco (pour Arabian American Oil Company) gère la quasi-intégralité des immenses ressources en hydrocarbures du royaume. Cette annonce intervient alors que Riyad a fait état fin décembre d'un déficit budgétaire record pour 2015 (97,2 milliards de dollars) et d'une prévision pessimiste pour 2016 (déficit de 87 milliards de dollars), sous l'effet d'une baisse de plus de 60 % des prix du brut depuis l'été 2014.
Une nouvelle logique économique
Jeudi, les cours du pétrole ont même enfoncé un nouveau plancher pour se retrouver au plus bas depuis 2004, lestés par la tourmente financière et la persistance d'une offre excédentaire. Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en février a perdu 70 cents à 33,27 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), enfonçant le plus bas niveau atteint durant la récession de 2008.
Pour son budget 2016, l'Arabie saoudite s'est résignée à réduire les généreuses subventions sur les carburants, des mesures qui auront un impact douloureux sur une population habituée à l'État-providence. Dans son communiqué, Aramco a souligné qu'elle s'inscrivait dans la même logique économique. « La proposition (d'introduction en Bourse) s'inscrit dans l'orientation générale du royaume vers les réformes, y compris la privatisation de différents secteurs de l'économie que la compagnie soutient avec force », a souligné Aramco. Elle a affirmé que le processus envisagé allait l'aider à « se concentrer sur son objectif à long terme, qui est celui de devenir un leader mondial des secteurs de l'énergie et des produits chimiques ».
L'an dernier déjà, l'Arabie saoudite a ouvert sa Bourse aux « investisseurs étrangers habilités », permettant ainsi à des banques étrangères, des maisons de courtage, des fonds d'investissement ou des compagnies d'assurance basées hors du Golfe d'« opérer sur des actions cotées ».
(Source : AFP)
Aramco en chiffres
– Siège : Dahran, dans l'est de l'Arabie saoudite, où Aramco a procédé en 1935 à sa première opération de prospection.
– Réserves de plus de 261 milliards de barils de brut.
– Produit environ un baril sur huit dans le monde, avec une production moyenne de 9,54 millions de barils par jour.
– Emploie 51 653 Saoudiens et 10 254 expatriés de 77 pays.
– Khaled al-Faleh préside son conseil d'administration. Il est également ministre de la Santé en Arabie saoudite.
– Aramco a doté six de ses raffineries d'unités de fabrication de produits chimiques dans un effort de diversifier l'économie saoudienne trop dépendante du pétrole.
– L'Asie est son principal marché. Elle absorbe 62,3 % de ses exportations de brut, 46,4 % de ses produits raffinés et 25,5 % de ses exportations de gaz naturel ou liquéfié.
– Dispose de onze centres de recherche et de technologie à travers le monde.
– A reçu 99 brevets aux États-Unis en 2014.


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