Un hémicycle quasi vide.
Seulement trente-six députés se sont présentés hier à la 34e séance parlementaire consacrée à l'élection présidentielle, laquelle faute de quorum (86 députés), a été ajournée. La prochaine réunion a été fixée au lundi 8 février.
À l'issue de la séance, plusieurs députés se sont exprimés pour dénoncer le boycottage de l'élection.
Boutros Harb a estimé que « le processus de déliquescence des institutions conduira à l'effondrement du système politique et à la désagrégation du pays dans son ensemble ». Il a critiqué à cet égard les députés qui s'abstiennent de se présenter au Parlement pour remplir leur devoir électoral, leur faisant assumer la responsabilité d'« ignorer les intérêts du peuple ». En réponse à une question sur la capacité du Conseil des ministres à répondre aux besoins des citoyens, M. Harb s'est dit pour la dynamisation du gouvernement à condition que l'élection présidentielle ne soit pas oubliée. « La relance de l'institution gouvernementale aux dépens de la présidence de la République peut conduire à la destruction du pays », a-t-il insisté.
Le chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, et le député Georges Adwan (Forces libanaises) ont également déploré le report de la séance électorale, appelant, après un aparté de 30 minutes, et lors d'une conférence de presse conjointe, à « remédier aux problèmes des Libanais ». Plus particulièrement, M. Siniora a pointé du doigt « les parties qui entravent la réalisation du quorum légal requis pour l'élection d'un président et prennent le pays en otage, empêchant les Libanais d'obtenir ce qui est pour eux un droit constitutionnel ». Il a appelé à « traiter les problèmes dont souffre le Liban aux niveaux national, politique, économique et social ». Interrogé sur une éventuelle présentation, par le courant du Futur, de la candidature du chef du bloc du Changement et de la Réforme, Michel Aoun, à la présidence de la République, M. Siniora a répondu en riant : « J'ai déjà entendu de nombreuses suggestions, mais pas celle-là. »
M. Adwan a de son côté mis en avant la priorité de l'échéance présidentielle, « sans laquelle les institutions ne pourront reprendre normalement leur fonctionnement ». Au sujet de la candidature du chef des Marada, Sleiman Frangié, le député FL a estimé qu' « elle a créé une dynamique qu'il faut veiller à ne pas geler, parce que les Libanais paient chaque jour un peu plus fort le prix de l'absence d'un chef d'État ». Sur une question relative à une éventuelle présentation par les FL de la candidature de Michel Aoun, M. Adwan a mis l'accent sur la nécessité d' « une entente avec le prochain président de la République autour des dossiers vitaux concernant les Libanais ».
Enfin, Robert Ghanem a souhaité que la 35e séance soit la bonne, afin qu'un président soit élu le 8 février « en guise de cadeau à l'occasion de la Saint-Maron », fêtée le 9 février.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef