Charlie Hebdo, "journal de combat marrant", doit être "là où les autres n'osent pas aller", estime dans un entretien à l'AFP le patron de l'hebdomadaire satirique, le dessinateur Riss, l'un des survivants de l'attentat survenu il y a un an.
Protégé par cinq gardes du corps, Riss raconte avec fierté comment les rescapés ont réussi à faire renaître le journal que les jihadistes croyaient avoir tué. "Un journal de combat, mais un combat marrant, déconnant!", notamment sur la laïcité.
Pour preuve, la sortie ce mercredi d'un numéro anniversaire plus athée et provocant que jamais, tiré à un million d'exemplaire. En couverture, un dessin d'un Dieu assassin, signé Riss, et un éditorial pour la laïcité, également sous sa plume.
"Charlie doit être là où les autres n'osent pas aller. Pour cette couverture, je voulais dépasser telle ou telle religion et toucher à des choses plus fondamentales. C'est l'idée même de Dieu que nous, à Charlie, on conteste. En affirmant les choses clairement, ça fait réfléchir. Il faut un peu bousculer les gens, sinon ils restent sur leurs rails".
Depuis l'attentat du 7 janvier 2015, le journal a vécu "une année de combats hebdomadaires: combats pour nos idées, mais aussi pour nous prouver que nous étions toujours capables de le faire. C'est l'épreuve ultime, où l'on voit si on vit ou si on meurt, si on croit en nos idées au point de surmonter cette année et d'en sortir vainqueur. Si le journal avait disparu, nos idées aussi auraient disparu un peu".
Une dizaine de nouvelles signatures les ont rejoint, mais les morts - dont les dessinateurs Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré et Charb - manquent toujours autant. "On pense à eux tout le temps (...). Pour moi, ils ne sont plus là mais ils n'ont pas disparu", raconte-t-il avec tristesse.
Grièvement blessé dans l'attentat - il ne peut plus lever son bas droit -, Riss veut que son journal continue à défendre la laïcité en France mais aussi à l'international.
Emu de l'attachement, en France et dans le monde, au slogan "Je suis Charlie", Riss se réjouit aussi du niveau des ventes (100.000 exemplaires en moyenne), contre 30.000 avant l'attentat. Reste à savoir si les près de 200.000 personnes abonnées au journal depuis l'attentat le resteront.
Mais avec ces nouveaux supporters, "il y a aussi des malentendus", sourit-il. Ainsi ce prêtre qui leur a écrit : "J'ai défilé pour vous le 11 janvier (lors de la marche monstre en France), je trouve votre couverture scandaleuse". "Comme si pour lui le 11-Janvier était un contrat : j'ai défilé pour vous, alors vous vous calmez", commente-t-il.
Protégé par cinq gardes du corps, Riss raconte avec fierté comment les rescapés ont réussi à faire renaître le journal que les jihadistes croyaient avoir tué. "Un journal de combat, mais un combat marrant, déconnant!", notamment sur la laïcité.
Pour preuve, la sortie ce mercredi d'un numéro anniversaire plus athée et provocant que jamais, tiré à un million d'exemplaire. En couverture, un dessin d'un Dieu assassin, signé Riss, et un éditorial pour la laïcité, également sous sa plume.
"Charlie doit être là où les autres n'osent pas aller. Pour cette couverture, je voulais...


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