Le Festival international de la bande dessinée (FIBD) d'Angoulême, prévu fin janvier, est accusé de sexisme par des dessinatrices car aucune femme n'a été retenue parmi les trente auteurs en lice pour le Grand Prix du Festival.
Un appel au boycott du Festival a été lancé par un collectif d'auteures et le mot-clé #WomenDoBD a fait son apparition sur Twitter pour vanter la qualité du travail des femmes en bande dessinée.
Les organisateurs du festival (28-31 janvier) ont rejeté ces accusations de sexisme, soulignant que le Grand Prix est un "prix rétroviseur" qui récompense l'oeuvre d'un auteur. Or la bande dessinée a longtemps été l'apanage quasi-exclusif des hommes, "on ne peut pas tordre cette réalité", s'est défendu mercredi Franck Bondoux, délégué général de Neuvième Art, la société organisatrice.
Plusieurs des auteurs nominés, les Français Riad Sattouf, Joann Sfar, Etienne Davodeau mais aussi les Américains Daniel Clowes et Charles Burns ont cependant demandé, par solidarité avec leurs collègues femmes, que leur nom soit retiré de la liste.
Riad Sattouf a écrit sur son compte Facebook: "Bonjour! J'ai découvert que j'étais dans la liste des nominés au grand prix du festival d'Angoulême de cette année. Cela m'a fait très plaisir ! Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes. Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d'y être". "Je préfère donc céder ma place à, par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse", ajoute Riad Sattouf qui avait remporté l'an dernier le Fauve d'Or (Prix du meilleur album) du Festival d'Angoulême pour le 1er tome de sa BD "Arabe du futur". Il a demandé "à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire".
Sur le blog www.bdegalite.org, tenu par le "Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme" qui rassemble environ 200 auteures, un billet intitulé "FIBD: Femmes interdites de BD" affirme: "nous nous élevons contre cette discrimination évidente, cette négation totale de notre représentativité dans un médium qui compte de plus en plus de femmes".
La ministre française de la Culture, Fleur Pellerin, a jugé "assez anormal" qu'aucune femme ne figure dans la sélection du grand prix d'Angoulême. "Nous aurions certainement dû être plus vigilants (...) mais on ne peut pas dire que le festival exclut les artistes féminines", a argumenté M. Bondoux, rappelant que le festival "a accompagné l'émergence des auteures ces dernières années", en soutenant par exemple la Franco-iranienne Marjane Satrapi, seule femme à figurer l'an dernier dans la liste des nominés.
Une seule femme, Florence Cestac, a été distinguée par le grand prix du FIBD, il y a 16 ans. Selon l'Association des critiques et journalistes de BD (ACBD), les femmes représentent 12,4% des professionnels dans le monde francophone de la BD.
Un appel au boycott du Festival a été lancé par un collectif d'auteures et le mot-clé #WomenDoBD a fait son apparition sur Twitter pour vanter la qualité du travail des femmes en bande dessinée.
Les organisateurs du festival (28-31 janvier) ont rejeté ces accusations de sexisme, soulignant que le Grand Prix est un "prix rétroviseur" qui récompense l'oeuvre d'un auteur. Or la bande dessinée a longtemps été l'apanage quasi-exclusif des hommes, "on ne peut pas tordre cette réalité", s'est défendu mercredi Franck Bondoux, délégué général de Neuvième Art, la société...


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