À la galerie Tanit, c’est l’ère du papier.
Le papier (papyrus en latin) est certainement le lien inébranlable entre le passé et le présent. Sa fabrication, en Chine, remonte au huitième siècle avant J-C. Depuis, il est devenu au centre de toute création tant musicale qu'architecturale, littéraire, scientifique ou plastique. Le papier porte en lui des doux secrets et révèle des expressions et des émotions différentes des autres supports. Il est le gardien des temps passés. Malheureusement, dans les arts plastiques, «le papier est paradoxalement trop souvent considéré comme un support de peu de valeur, vulnérable voire temporaire, il reste acteur d'un processus qui trouvera ancrage et finalité ailleurs», dit Naila Kettaneh Kunigk. «Mais les œuvres sur papier ont depuis quelques années su retrouver leurs lettres de noblesse, certains artistes choisissant de s'exprimer exclusivement sur ce support, réinventant ainsi et questionnant ses frontières et potentialités», poursuit-elle dans son introduction à cette exposition.
Six artistes peintres plasticiens, ont choisi de s'exprimer sur cet espace de la feuille, laissant voguer leur imagination et créant de nouvelles figures inédites et une approche poétique, presque magique.
L'anthropologie de Ricardo Brey
D'origine cubaine, cet artiste arrivé en Europe en 1991 et établi depuis en Belgique perçoit le monde par le dessin. Comme un plan de construction de sa pensée. Sur le support papier toujours de grand format, il dispose différents matériaux glanés de-ci de-là comme des fragments de mémoire. Puis les recompose en toute liberté. Grâce à la lumière qui nimbe son travail, on pourrait même voir les petits détails infimes. Comme une étude anthropologique d'une vie souterraine.
Le monde coloré de Mojé Assefjah
L'Iranienne installée à Munich crée sur le papier un espace de couleurs, subtil et frais. Sous sa touche, la couleur s'épanouit comme un bourgeon et donne des reflets multipliés. Tantôt transparentes, voire évanescentes et tantôt bien tassées, les teintes accouchent d'un monde végétal. Lumineux.
Catharina van Eetvelde et sa ligne à l'infini
L'artiste, née en Belgique, explore les dimensions expressives et stylisés de la ligne. Elle compose ainsi des univers de formes délicates et des moments fragiles. Avec Catarina van Eetvelde, l'art du dessein reprend toute son ampleur et son expression.
Chafa Ghaddar, découvreuse d'espaces
Entre Dubaï et le Liban, l'artiste diplômée des beaux-arts à l'Alba a suivi des cours intensifs sur la fresque et les techniques de peinture traditionnelle à Florence. Pendant trois ans, elle développe une carrière indépendante en peinture murale. Lauréate du prix Boghossian 2014, Ghaddar allie l'art contemporain à la peinture décorative.
Charbel Samuel Aoun, botaniste ivre de paix
On peut dire que Charbel Samuel Aoun cultive bien son jardin. Ayant rassemblé des espèces d'arbres qu'il protège par amour de la nature et de la vie, l'artiste reproduit certains de ces arbres sur papier et réinvente d'autres espèces imaginées et oniriques.
Le lyrisme de Ghassan Zard
L'artiste libanais né en 1954 est influencé par l'abstrait lyrique. Ses œuvres grand format scandent le rythme et découpent l'espace. Mélangeant le bois, l'aluminium et l'acier, Ghassan Zard crée un bestiaire de formes.

