Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR) Antonio Guterres s'est prononcé lundi en faveur d'un "New Deal" en faveur des pays limitrophes de la Syrie qui accueillent des millions de réfugiés de ce pays.
Le terme "New Deal" fait référence à un vaste programme d'investissements lancé par les Etats-Unis dans les années 1930 pour mettre fin à la crise économique.
"Nous avons besoin d'un +New Deal+ entre la communauté internationale, en particulier l'Europe, et les voisins de la Syrie", a affirmé M. Guterres devant le Conseil de sécurité de l'ONU. "Sans éducation pour leurs enfants, accès au marché du travail ou protection contre la pauvreté, de plus en plus de Syriens n'auront d'autre choix que de continuer leur route" vers l'Europe.
M. Guterres a cité une étude du HCR et de la Banque mondiale indiquant que neuf Syriens sur dix installés en Jordanie et au Liban vivaient au-dessous du seuil de pauvreté et que la moitié des enfants réfugiés ne vont pas à l'école.
"Il faut des investissements massifs au Liban, en Jordanie et en Turquie pour empêcher les réfugiés de s'enfoncer dans la misère et aider les gouvernements" à supporter le fardeau qui pèse sur leurs économies.
L'Europe a accordé trois milliards d'euros à la Turquie, "l'économie la plus solide de la région", pour tenter de fixer les migrants syriens dans ce pays.
Mais pour le Haut-Commissaire, "le coût total va de loin dépasser cette somme et va continuer à augmenter, de même que le coût de la reconstruction de la Syrie".
Une responsable de l'Onu a par ailleurs demandé au gouvernement syrien d'approuver le plus vite possible 47 demandes d'autorisation pour des convois humanitaires de livrer de l'aide à la population. Ces demandes sont toujours en attente malgré les besoins urgents, a précisé Kyung-Wha Kang, une responsable des opérations humanitaires de l'Onu.
Au total, a précisé Mme Kang, 4,5 millions de Syriens vivent dans des zones difficiles d'accès et les agences humanitaires n'ont pu secourir que 32% d'entre eux entre septembre et novembre derniers.
Près de 400.000 civils sont assiégés par l'armée syrienne ou les groupes armés d'opposition et seuls 1% d'entre eux ont pu recevoir une aide alimentaire ou médicale, "ce qui est tout simplement inacceptable", a-t-elle ajouté.
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Guterres (HCR) pour un "New deal" en faveur des voisins de la Syrie
AFP / le 22 décembre 2015 à 02h25


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