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Sport - Football - Fifa

Pour Platini, c’est la fin du voyage !

Suspendu huit ans de toute activité liée au ballon rond, tout comme Blatter avec lui, le patron de l'UEFA doit oublier ses rêves de présidence.

« C’est une véritable mascarade (…) ce verdict n’est que l’habillage pathétique d’une volonté de m’éliminer du monde du football », a déploré Platini à propos de sa suspension pour huit ans. Fabrice Coffrini/AFP

Le couperet est tombé pour les deux empereurs du sport roi : Joseph Blatter, président de la Fifa depuis 1998, et Michel Platini, président de l'UEFA depuis 2007, ont été suspendus huit ans de toute activité liée au football en raison du fameux paiement controversé de 1,8 million d'euros qui les lie. La charge de corruption n'a pas été retenue contre les deux hommes par le tribunal interne de la Fifa, qui les juge en revanche coupables « d'abus de position », de « conflit d'intérêts » et de « gestion déloyale ». Platini écope d'une amende de 80 000 francs suisses (74 000 euros), plus élevée que celle de Blatter, 50 000 francs suisses (46 295 euros).
Tous deux ont annoncé leur intention de faire appel devant la justice sportive, voire ensuite devant la justice civile. « Je sers de punching-ball », s'est plaint Blatter lors d'une conférence de presse à Zurich. « C'est une véritable mascarade », a déploré dans un communiqué Platini, qui perd toute chance de se présenter à la présidence de la Fifa le 26 février. Les conséquences de ce verdict sont plus lourdes pour le Français que pour le Suisse. À 60 ans, le premier doit sans doute faire une croix sur ses ambitions et ne pourra pas non plus assister à titre officiel à « son » Euro, organisé chez lui en France du 10 juin au 10 juillet prochains. Le second a 79 ans et n'aspirait qu'à présider son instance jusqu'à l'élection, puis passer la main.
Ce jugement touche toutefois Blatter dans sa chair, puisque c'est « sa » Fifa, celle qu'il a fait grandir depuis qu'il y est entré en 1975, qui le condamne. Le Suisse s'est senti « trahi », a-t-il assuré lors de sa conférence de presse, organisée dans l'ancien QG de la Fifa – joli pirouette – devenu un restaurant chic. Physique marqué, pansement sous l'œil droit, Blatter a annoncé qu'il ferait appel devant la chambre des recours de la Fifa, puis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) et la justice civile de son pays. « Ici, pour être condamné 8 ans, il faut faire quelque chose de grave », a-t-il lâché, combatif. Le Valaisan a aussi assuré que Platini était « un honnête homme ».

Pathétique
Pour Platini, l'onde de choc est dévastatrice. Il était le mieux placé jusqu'ici pour devenir le prochain président de la Fifa. Malgré sa volonté de faire appel, le calendrier sera sans doute trop serré pour lui : les candidatures doivent être enregistrées le 26 janvier au plus tard. « Ce verdict n'est que l'habillage pathétique d'une volonté de m'éliminer du monde du football, a-t-il jugé. Parallèlement à la saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS), je suis déterminé à saisir, le moment venu, la justice civile pour obtenir réparation. »
Cette mise sur la touche est un crève-cœur pour celui qui a fait du football sa vie : trois Ballons d'or, un Euro 1984 gagné, des années de gloire à la Juventus puis l'administration du foot européen. Comment lui et celui qui était son mentor avant de devenir son meilleur ennemi en sont-ils arrivés là ? Au cœur du dossier, il y a le versement contesté de 1,8 million d'euros en 2011 par Blatter à Platini, sans contrat écrit, pour un travail de conseiller achevé en 2002. Les deux hommes étaient pour cela déjà suspendus provisoirement jusqu'au 5 janvier, en attendant le jugement sur le fond dont le verdict est tombé hier.
Platini, qui a toujours clamé sa bonne foi, ne se faisait guère d'illusions. « Je suis convaincu que mon sort était déjà scellé avant l'audience du 18 décembre », a-t-il ainsi estimé hier. C'est pour cela que l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France avait décidé de boycotter cette audience, laissant son avocat le défendre durant 9 heures devant les juges de la commission d'éthique de la Fifa. Platini a toujours réfuté les accusations d'irrégularité pour le versement, qui correspond selon lui à un reliquat de salaire touché sur la base d'un contrat oral, un type d'engagement accepté en Suisse.
Blatter, lui, a été entendu durant 8 heures jeudi dernier à la Fifa. Outre la justice sportive, il est mis en examen par la justice suisse en raison du versement à Platini et pour un contrat de droits TV jugé anormalement défavorable à la Fifa. Nathalie Guth, porte-parole du procureur général suisse, a indiqué hier que la « décision de la Fifa n'a pas d'influence sur les procédures pénales ».

Soutien de l'UEFA
La double décision d'hier sonne comme le point d'orgue d'une année cauchemardesque pour la Fifa, cernée par les actions en justice de la Suisse et des États-Unis pour corruption à grande échelle.
De son côté, dans un communiqué, l'UEFA s'est dit « extrêmement déçue » par les 8 ans de suspension infligés à son président Michel Platini, et a indiqué le « soutenir » dans son droit « à une procédure équitable ». L'UEFA note que cette décision est « susceptible d'appel » et insiste encore sur le droit de Platini « à avoir l'opportunité de laver son nom ». L'UEFA considère toujours Platini comme son président, comme en atteste son organigramme sur son site Internet, même s'il était suspendu depuis le 8 octobre dans l'attente du jugement tombé hier.
Pour les manifestations officielles, c'est Angel Maria Villar Llona, vice-président senior de l'UEFA, qui représente désormais l'instance, comme le 12 décembre quand il avait pris la parole devant l'assemblée générale de la Fédération française de football. « Je suis ici comme vice-président de l'UEFA, j'assume en ce moment des fonctions de président et je reçois un traitement de président merveilleux, mais ce n'est pas à moi d'être ici », avait ainsi assuré Villar Llona, par ailleurs président de la Fédération espagnole de football. « Ce n'est pas à moi de prendre la parole, mais c'est Michel Platini qui devrait être à ma place et j'espère de tout cœur qu'il puisse reprendre la tête du football européen parce que je pense que c'est sa place », avait-il conclu.
(Source : AFP)

Cinq candidats encore en lice

Gianni Infantino : le n° 2 de l'UEFA, connu jusqu'ici seulement du grand public comme l'homme chauve qui préside au tirage au sort de la Ligue des champions, avait promis de se retirer si son patron Michel Platini pouvait se lancer. Mais depuis son annonce le 26 octobre, Infantino mène une vraie campagne. Ce juriste italo-suisse polyglotte, âgé de 45 ans, qui maîtrise les réseaux en Europe, des clubs aux instances politiques hors foot, sillonne le monde depuis deux mois pour faire le plein sur d'autres continents.
Cheikh Salmane : le président bahreïni de la puissante Confédération asiatique, vice-président de la Fifa, âgé de 49 ans, est vivement critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme pour son rôle, qu'il réfute, dans la répression du soulèvement démocratique de 2011 au Bahreïn.
Tokyo Sexwale : à 62 ans, ce compagnon de prison de Nelson Mandela, brillant orateur, apparaît comme l'homme neuf réclamé par beaucoup, loin des scandales de la Fifa. Mais le Sud-Africain a peu d'appuis au sein du foot mondial, alors que ce sont les 209 fédérations membres de la Fifa qui élisent le président.
Prince Ali ben al-Hussein : le demi-frère du roi Abdallah II de Jordanie, âgé de 39 ans, avait poussé au 2e tour Joseph Blatter le 29 mai dernier, avant de se retirer. Mais il était alors soutenu par l'UEFA, qui est cette fois derrière Infantino. Et il n'a pas l'appui de la Confédération asiatique qui est derrière cheikh Salmane.
Jérôme Champagne : ce diplomate français, âgé de 57 ans, connaît la Fifa pour y avoir été secrétaire général adjoint. Il doit combattre un manque de notoriété et, surtout, l'étiquette peu reluisante d'un candidat qui plaît à Blatter.

Le couperet est tombé pour les deux empereurs du sport roi : Joseph Blatter, président de la Fifa depuis 1998, et Michel Platini, président de l'UEFA depuis 2007, ont été suspendus huit ans de toute activité liée au football en raison du fameux paiement controversé de 1,8 million d'euros qui les lie. La charge de corruption n'a pas été retenue contre les deux hommes par le tribunal interne de la Fifa, qui les juge en revanche coupables « d'abus de position », de « conflit d'intérêts » et de « gestion déloyale ». Platini écope d'une amende de 80 000 francs suisses (74 000 euros), plus élevée que celle de Blatter, 50 000 francs suisses (46 295 euros).Tous deux ont annoncé leur intention de faire appel devant la justice sportive, voire ensuite devant la justice civile. « Je sers de punching-ball »,...
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