En septembre 1987, moins d'un mois après sa nomination comme président de la Fed, Alan Greenspan avait persuadé ses collègues de voter une hausse des taux. Peu de temps après, il recevait de la main de son prédécesseur Paul Volcker un petit mot disant : « Maintenant, vous êtes vraiment un banquier central. »
Durant sa longue carrière, Janet Yellen a déjà eu l'occasion de voter des hausses de taux, d'abord en 1994 comme membre du board de la Fed, puis en 2006 comme présidente de la Fed de San Francisco ayant droit de vote au FOMC. Mais c'est elle qui cette fois-ci portera la responsabilité de la hausse des taux décidée hier, mettant un terme à sept années de politique de taux zéro. On peut souhaiter que MM. Volcker et Greenspan adressent un message de soutien à celle qui fut leur padawan.
Comme attendu, le FOMC a donc décidé de relever de 25bp le corridor du taux des fonds fédéraux, qui passe ainsi de 0-0,25 % à 0,25-0,50 %. La décision a été prise à l'unanimité des membres votants du FOMC. C'est à l'automne 2012 que le FOMC a commencé de prévoir la fin de sa politique de taux zéro en 2015. Il a fallu pas moins de trois ans de préparation pour en arriver là, en ayant au préalable annoncé la sortie prochaine du QE (mai 2013), puis réduit les achats d'actifs (décembre 2013-octobre 2014). Cette décision s'explique avant tout par la réalisation du double mandat de la Fed. D'une part, le taux de chômage est revenu à son niveau de plein-emploi et le FOMC s'attend à ce qu'il continue de baisser un peu. D'autre part, bien que l'inflation soit actuellement au-dessous de sa cible, la Fed est désormais assez confiante que la trajectoire des prix va se redresser.
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