Un minisommet a rassemblé, hier à huis clos, 11 pays de l’UE et la Turquie. Ces pays, dits « de bonne volonté », sont disposés à soulager la Turquie en acceptant de « réinstaller » certains des réfugiés syriens et irakiens qu’elle accueille, si Ankara garantit l’étanchéité de sa frontière avec l’UE. Photo AFP
Un bras de fer s'est engagé hier à Bruxelles entre les dirigeants européens et David Cameron sur le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'UE, un des défis qui, comme la crise des migrants également au cœur des débats, menace l'unité de l'Europe. Le Premier ministre britannique s'est dit prêt à « se battre » pour un « bon accord » en vue du maintien de son pays dans l'Union, mais certaines de ses exigences sont « inacceptables », l'ont déjà prévenu ses partenaires réunis pour leur ultime sommet de l'année.
Les 28 chefs d'État et de gouvernement devaient en discuter pour la première fois lors d'un dîner de travail, hier dans la nuit, qui promettait d'être animé. Ainsi, nombre de dirigeants européens s'offusquent de demandes jugées discriminatoires. « Nous voulons un accord équitable avec la Grande-Bretagne, mais il doit aussi l'être pour les 27 autres », a averti le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. La chancelière allemande Angela Merkel, elle, ne veut pas « renoncer aux principes fondamentaux de l'UE pour garder Londres dans l'UE ».
En tout état de cause, le Brexit sera à nouveau abordé à un prochain sommet en février, date à laquelle le président du Conseil européen, Donald Tusk, mise sur un accord. Sur ce dossier, comme sur les autres points abordés (crise migratoire, contre-terrorisme, marché intérieur, union économique et bancaire), aucune décision de fond n'est attendue au sommet, qui s'achèvera aujourd'hui.
Concernant la crise migratoire, les 28 ont reconnu qu'il fallait accélérer le mouvement pour concrétiser les décisions prises ces derniers mois sur la protection des frontières, la répartition des réfugiés ou la coopération avec la Turquie. « Il s'agit d'agir avec célérité » pour endiguer les flux de migrants, a répété M. Juncker. Il a exhorté les États membres à se ranger derrière sa proposition d'un corps européen de gardes-frontières. « (...) Il faut protéger nos frontières extérieures », a plaidé M. Juncker, afin de sauver la libre circulation au sein de l'espace Schengen, pilier de l'intégration européenne.
Cependant, l'UE ne peut agir seule. Précédant le Conseil européen, un minisommet a rassemblé à huis clos 11 pays de l'UE et la Turquie, sous la houlette de Mme Merkel. Ces pays, dits « de bonne volonté », sont disposés à envisager de soulager la Turquie, en acceptant de « réinstaller » certains des réfugiés syriens et irakiens qu'elle accueille, si Ankara garantit l'étanchéité de sa frontière avec l'UE. Cet effort s'ajouterait à l'aide de trois milliards d'euros que l'Europe a déjà promise à Ankara, ainsi qu'à la promesse de « redynamiser » les négociations d'adhésion avec ce partenaire obligé.
(Source : AFP)

