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Économie - Liban - Conférence

Les expatriés libanais attendent toujours une amélioration du climat des affaires

Opération séduction hier au Phoenicia, au premier jour d'une conférence sur l'économie de la diaspora visant à encourager les investissements au Liban afin de soutenir la croissance économique du pays.

La conférence sur l’économie de la diaspora a été l’occasion pour les Libanais de l’étranger de rappeler les raisons pour lesquelles ils hésitent à investir au Liban. Photo DR

Malgré leur attachement à leur pays d'origine, les expatriés libanais hésitent de plus en plus à investir au Liban. Tel est le constat sévère dressé hier par la majorité des intervenants à une conférence sur l'économie de la diaspora organisée par le groupe al-Iktissad wal-aamal. Programmé pour deux jours à l'hôtel Phoenicia et parrainé par le président du Parlement, Nabih Berry, l'évènement a rassemblé près de 500 participants issus d'une vingtaine de pays, parmi lesquels l'écrivain Wole Soyinka, premier auteur africain à avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1986, venu dresser le portrait de la communauté libanaise installée au Nigeria.


« Cette conférence vise surtout à encourager les entrepreneurs issus de la diaspora à augmenter le niveau de leurs investissements au Liban à moyen terme afin de soutenir la croissance économique du pays », explique le président de l'Autorité de développement des investissements au Liban (Idal), Nabil Itani, à L'Orient-Le Jour. Une opération séduction pour laquelle le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, qui représentait M. Berry, a notamment été mis à contribution.
« Les transferts de la diaspora sont toujours aussi importants pour combler le déficit commercial et alimenter les réserves en devises de la Banque du Liban (BDL) », a rappelé M. Khalil lors de son discours inaugural, rappelant que le montant annuel de ces derniers concurrençait fréquemment celui des exportations libanaises. Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a considéré de son côté que l'adoption par le Parlement, le 12 novembre dernier, de la loi sur le recouvrement de la nationalité libanaise constituait « une reconnaissance des devoirs de l'État libanais vis-à-vis de ses expatriés ». Le vice-gouverneur de la BDL Raed Charafeddine a, lui, rappelé que « selon la Banque mondiale, les transferts des Libanais de l'étranger ont constitué 1,3 % du total des fonds transférés par les différentes diasporas dans le monde entre 2014 et 2015 ». M. Charafeddine a toutefois souligné que la pérennité de ces flux n'était pas acquise, évoquant la baisse des prix du pétrole « qui a provoqué une augmentation des transferts du Liban vers les pays du Golfe, une première dans l'histoire récente ».

 

( Lire aussi :  Les remises des expatriés en légère hausse en 2015 )

 

Coûts opérationnels
En valeur absolue, le Liban est le deuxième plus important destinataire de fonds parmi les pays émergents. Mais bien qu'ils devraient représenter près de 15 % du PIB libanais en 2015, les transferts des expatriés ont enregistré un ralentissement dans leur croissance depuis 2010, comme l'a souligné Nassib Ghobril, directeur du département de recherche du groupe Byblos Bank. « On est passé d'une hausse de 6,1 milliards de dollars en moyenne par an entre 2005 et 2009 à 7,2 milliards sur la période allant de 2010 à 2014, ce qui a fait chuter la croissance annuelle moyenne de 11 à 1,9 % d'une période à l'autre », explique-t-il à L'Orient-Le Jour. « Le ralentissement de la croissance de ces flux, qui sont générés par quelque 1,4 million de Libanais, selon les données bancaires qui permettent de les tracer, est d'autant plus inquiétant qu'il coïncide avec une hausse du nombre de Libanais qui quittent le pays », poursuit-il.
Pour Ali Hassan Khalil, cette baisse de la croissance des transferts des expatriés s'explique par une série de facteurs qui ne sont pas exclusivement liés à l'instabilité de la situation politico-sécuritaire au Moyen-Orient. « Près de 70 % des flux financiers issus de la diaspora proviennent des mêmes pays », relève-t-il. « Un peu moins de la moitié sont issus des pays du Golfe, l'autre moitié étant principalement partagée entre l'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest et l'Afrique », confirme M. Ghobril. Pour le ministre des Finances, il est donc important d'inciter les Libanais résidant dans d'autres zones géographiques à augmenter leurs investissements au Liban.


La dégradation du climat des affaires au niveau local et les coûts opérationnels élevés qui viennent grever les investissements étrangers, à commencer par le coût des transferts de fonds à destination du pays du Cèdre, sont des causes importantes du ralentissement des transferts. Selon la Banque mondiale, le Liban est dans le top cinq des destinations les plus chères pour ce type d'opérations depuis les États-Unis, l'Allemagne ou encore l'Australie. « Cette dégradation de l'environnement des affaires constatée au cours des dernières années a par ailleurs affecté l'ensemble des investissements directs étrangers », constate M. Ghobril, pour qui il faut impérativement regagner la confiance chancelante des expatriés envers le Liban.

 

 

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