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Culture - Design

Le nombre d’or appliqué au mobilier contemporain

Elles sont peut-être issues de calculs savants, mais les créations que dévoilent Carla Baz, Niko Koronis et le duo de 200Grs chez Art Factum sont d'abord et surtout de belles pièces.

Banc en cannage et bois clair signé Carla Baz.

Ne vous laissez pas impressionner par l'intitulé scientifique de l'exposition collective que présente Art Factum jusqu'au 30 janvier prochain. Certes, « Phi » évoque pour certains esprits réfractaires à toute notion de calcul les mauvaises heures passées en cours de maths. Mais une fois franchi le perron de la galerie, toutes ces considérations s'évaporent et c'est tout simplement la beauté des pièces signées Carla Baz, Niko Koronis ou encore 200Grs qui prend le dessus.
Nouveaux venus dans l'écurie de Joy Mardini, galeriste spécialisée dans le design et la photo, ces jeunes designers ne sont pas des inconnus pour autant. Ils ont tous à leur actif plusieurs séries et expositions autant sur la scène design libanaise que dans des galeries à Londres, Zurich ou Rome.
Chacun a évidemment son style particulier, ses matériaux de prédilection, ses inspirations. Sauf qu'en demandant à chacun d'entre eux de concevoir, spécifiquement pour sa galerie, une collection sur le thème de « Phi, ou la divine proportion représentée à travers le meuble contemporain », c'est un défi qu'elle leur a lancé.

Divines proportions
« En fait, l'idée de cette exposition est partie d'une interrogation qui me trottait dans l'esprit, confie la galeriste. Est-ce que le rapport de proportions idéales rend vraiment un objet d'une beauté parfaite ?
On connaît tous les théories du nombre d'or très présent dans l'histoire de la peinture (L'homme de Vitruve, de Da Vinci), l'architecture mais aussi le meuble ancien. C'est son application à des objets contemporains que je voulais expérimenter à travers les créations de ces trois designers. »
Le résultat est plutôt probant, à en juger par les trois séries exposées. Même si certaines pièces sont indubitablement plus belles, au sens classique du terme, que d'autres. C'est le cas de celles signées Carla Baz. Une console et trois paires d'appliques lumineuses en laiton doré et verre sablé, ainsi que deux longs bancs hyperstylisés associant cannage et bois, qui forment un ensemble d'une parfaite harmonie. La jeune designer, à la patte assez reconnaissable à son mélange de fantaisie et d'élégance des lignes, s'est inspirée cette fois, semble-t-il, de l'esprit (et des matières) Art déco. Réactualisé évidemment.

Caractère vs beauté idéale
Toujours dans ce même souffle rétro revisité, la collection que présente Niko Koronis défend les lignes architecturées et minimalistes, ainsi que les matières nobles, avec un parti pris de bois précieux laqué et d'incrustations de laiton doré. Si la console, les luminaires (en marbre) et la table basse (cette dernière est composée d'un long triangle inversé de bois d'ébène soutenu par un piètement également triangulaire en laiton doré) semblent l'illustration même des « proportions idéales », le grand cabinet à multicasiers qui les accompagne, bien qu'étant l'exemple même de l'application du nombre d'or, serait plus à classer comme « meuble de caractère » ...

200Grs... de charme
Idem pour la ligne de glaces murales modulables signées 200Grs. Rana Haddad et Pascal Hachem, les deux designers qui se cachent derrière ce label – évocateur d'une certaine légèreté et sobriété des lignes comme des matériaux – ont décliné cet élément basique de tout intérieur en plusieurs versions. Intégrés dans un cadre rectangulaire et tubulaire en acier noir, fixé au mur par des accroches en laiton doré, leurs miroirs sont tantôt accompagnés d'étagères en bois, tantôt de vases ou encore d'un, de deux, voire trois soliflores en acier... En dépit de leur simplicité, de leur évidence fonctionnelle, ces objets du quotidien, conçus bien entendu autour du chiffre Phi, dégagent un incontestable charme, relevé même d'un zeste de poésie.
« Est-ce le rapport de proportions idéales qui donne à un objet sa beauté ? » La question reste posée. Car si l'exposition semble plutôt confirmer cette thèse, il reste que la beauté est certainement plus une histoire d'appréciation subjective qu'un savant calcul de proportions. Mais à vous d'en juger sur place !
À signaler que les pièces de Carla Baz et Niko Koronis ont été fabriquées par Boisseliers du Rif. Celles du duo de 200Grs sont produites par les designers eux-mêmes. Et l'ensemble des objets présentés sont exclusifs à la galerie.

* La Quarantaine, région Medawar, rue Rehban, impasse 204, près Sleep Comfort. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 12h à 19h, et le samedi, de 14h à 17h. Tél. 01/443263.

Ne vous laissez pas impressionner par l'intitulé scientifique de l'exposition collective que présente Art Factum jusqu'au 30 janvier prochain. Certes, « Phi » évoque pour certains esprits réfractaires à toute notion de calcul les mauvaises heures passées en cours de maths. Mais une fois franchi le perron de la galerie, toutes ces considérations s'évaporent et c'est tout simplement la beauté des pièces signées Carla Baz, Niko Koronis ou encore 200Grs qui prend le dessus.Nouveaux venus dans l'écurie de Joy Mardini, galeriste spécialisée dans le design et la photo, ces jeunes designers ne sont pas des inconnus pour autant. Ils ont tous à leur actif plusieurs séries et expositions autant sur la scène design libanaise que dans des galeries à Londres, Zurich ou Rome.Chacun a évidemment son style particulier, ses...
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