À mon cher oncle Georges,
Les mots me manquent pour décrire combien ta perte nous afflige. Je pleure ton absence comme je maudis cette terrible maladie qui t'a emporté loin de ta famille que tu chérissais et qui te le rendait si bien à son tour.
Tu nous as quittés tôt, mon cher Georges. Il y avait encore tant de rêves à réaliser dans tes beaux yeux bleus. Tu as souffert en silence, longuement, avec la dignité et le courage des sages. Je te remercie de nous avoir donné cette magnifique leçon de grandeur et de noblesse. Merci de t'être accroché à la vie que tu croquais à pleines dents et de t'être battu pour pouvoir nous offrir quatre belles années de partages, d'émotions et de souvenirs de plus.
Tes mots doux, tes paroles encourageantes, tes compliments, tes coups de fil attentionnés, ta classe, ton élégance habituelle et ta finesse vont terriblement nous manquer.
Tu avais la passion des artistes, la folie des génies et l'émerveillement des enfants au cœur si pur. Ton cœur à toi était finalement fatigué d'avoir tellement aimé et chéri le Liban qui a été ton plus grand amour. Tu as défendu le cèdre haut et fort, et chanté notre pays dans ce qu'il a de plus beau, de plus grand, de plus noble... Avec ton départ, le Liban perd un merveilleux ambassadeur de l'art et de la culture.
Tu nous as appris à aimer le Liban et à le défendre au lieu de le critiquer. Tu m'avais dédicacé un livre en écrivant : « Commence par aimer le Liban ! » Quel beau message intemporel tu nous laisses, Georges ! Tu as tellement loué ta patrie et ses grands hommes, passé des nuits blanches à monter des expositions en y mettant de ton âme et de tes économies. Avec toi, c'était l'art pour l'art, le beau pour le beau ! Tu respirais l'art et ne pouvais t'entourer que de chefs-d'œuvre ! Ta maison est un véritable musée d'œuvres de tes illustres amis créateurs.
Georges, tu ne nous as pas quittés. Tu as été rejoindre tes parents Élias et Faridé, tes frères chéris Petro et Sami et ta sœur Daad dans un monde serein, digne de toi, bercé de beauté, de lumière et d'amour.
Georges, tu resteras toujours présent dans nos prières et dans nos cœurs.
À chaque lever de soleil, on se rappellera la bataille quotidienne que tu menais et quel message d'amour de la vie tu nous laisses. À chaque vernissage, exposition ou signature, on pensera à toi, et aux merveilleux recueils et tableaux qui ont glorifié ton cher Liban et ses illustres défenseurs d'horizons différents. À chaque fois qu'on regardera un tableau, une sculpture, une poterie, un beau livre, on se souviendra combien tu as été pionnier dans la défense de l'art et de la créativité, sous toutes ses formes, dans un pays qui a perdu tous ses repères. À chaque fois qu'on évoquera les noms de Makhoul, Smuggler's Inn, Elissar, pour les nostalgiques du Liban de nos parents..., on se rappellera l'ambiance chaleureuse et conviviale qui y régnait grâce à ta présence distinguée. À chaque fois que le nom du Liban brillera dans le domaine de l'art et de la culture, on se remémorera tes efforts déployés pour montrer le vrai visage du Liban.
Georges, tu as été l'ami des plus grands et des plus humbles. Tu nous as appris à respecter les autres et leurs différences, et à les considérer comme sources d'enrichissement.
Chaque rencontre avec toi était un moment de partage et de pur bonheur ! Aujourd'hui, c'est le Liban blessé qui te pleure.
Il paraît que la mort attend. C'est vrai, ce n'est qu'après avoir retrouvé tes êtres les plus chers que tu t'es laissé aller.
Repose en paix, mon cher Georges.
Tu es heureux.
Je sais, tu me l'as dit.
Ta nièce qui t'aime beaucoup
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Hommage à Georges Zeenny
OLJ / Par Danièle ZEENNI BAKHOS, le 16 décembre 2015 à 00h00


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