À al-Nachabiyah, dans la Ghouta, un photographe sauvant une petite fille. Amer Almohibany/AFP
Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), en lutte dans l'ouest de la Syrie contre le régime du président Bachar el-Assad, ont démenti hier avoir reçu quelque soutien que ce soit de l'armée de l'air russe, affirmant au contraire que celle-ci continuait de bombarder leurs positions.
De son côté, une alliance de groupes armés récemment mise sur pied, dont certains disent être l'ASL, a déclaré que ses combattants avaient tiré parti indirectement des frappes aériennes russes lors d'affrontements récents, notamment contre le Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, mais l'alliance a démenti tout soutien russe direct.
Ces formations répondaient aux propos du chef de l'état-major russe, le général Valeri Guerassimov, d'après lequel l'armée de l'air de Moscou effectue chaque jour des dizaines de bombardements pour soutenir l'Armée syrienne libre (ASL) dans son combat contre les jihadistes de l'État islamique.
Le nombre de combattants de l'ASL progressant dans les provinces de Homs, Hama, Alep et Raqqa dépasse désormais 5 000, a affirmé le général Valeri Guerassimov devant des attachés militaires étrangers accrédités auprès de Moscou. « L'aviation russe mène quotidiennement 30 à 40 frappes aériennes pour les soutenir. Ils sont également approvisionnés en armes, munitions et matériel », a dit Valery Guerassimov.
Ces propos interviennent quelques jours après ceux qu'a tenus le président russe, Vladimir Poutine, qui a déclaré vendredi que Moscou fournissait des armes à l'ASL. La Russie n'a pas spécifié les noms des groupes de l'ASL dont elle parle.
Par ailleurs, les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés ont repris hier une localité et un aéroport militaire à l'est de Damas, plus de trois ans après la prise de contrôle de ce dernier par des groupes rebelles, selon une source militaire. « L'armée syrienne a pris le contrôle total de la localité de Marj al-Sultan et de son aéroport dans la Ghouta orientale », un fief rebelle à l'est de la capitale, a affirmé une source militaire syrienne. Les rebelles s'étaient emparés de l'aéroport qui se trouve à 15 km à l'est de Damas en novembre 2012. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les forces du régime appuyées par les combattants du Hezbollah contrôlaient entièrement l'aéroport hier après-midi. « Ils essaient toujours de contrôler la localité et avancent avec prudence, mais la plupart des combattants de l'opposition se sont déjà retirés », a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Massacre à Douma
De son côté, le patron des affaires humanitaires de l'Onu, Stephen O'Brien, a jugé hier « inacceptables » les « attaques aveugles » menées contre les civils à Damas et dans sa région. « Ces attaques aveugles sont inacceptables et nous devons faire tout notre possible pour protéger les civils innocents », a déclaré le secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des Affaires humanitaires hier à Damas. Pour rappel, plus de 50 civils ont été tués dimanche et des dizaines blessés dans de violents bombardements aériens et d'artillerie contre la localité rebelle de Douma, ainsi que par des tirs de roquettes contre Damas par les rebelles.
Enfin, deux Suédois jugés pour leur participation à l'assassinat « bestial » de deux civils en Syrie au printemps 2013 ont été condamnés hier dans leur pays à la prison à perpétuité pour « acte de terrorisme ». Hassan al-Mandlawi, 32 ans, et al-Amin Sultan, 30 ans, répondaient devant le tribunal de Göteborg (sud-ouest de la Suède) de complicité d'exécution par égorgement et décapitation de deux personnes à Alep. Malgré leurs dénégations, le tribunal a souligné le rôle manifeste de « commandement » des accusés dans ces exécutions. L'enquête n'a pas permis d'établir l'identité des victimes, tuées « d'une manière très cruelle et bestiale » selon le tribunal.
(Sources : agences)

