La Russie et la branche syrienne d'Al-Qaïda ont critiqué samedi la conférence de Ryad, où l'opposition syrienne a accepté de négocier avec le régime dans l'espoir de mettre fin à la guerre meurtrière en Syrie.
Ces critiques interviennent quelques jours avant une rencontre prévue mardi à Moscou, selon Washington, entre le secrétaire d'État américain John Kerry et le président russe Vladimir Poutine pour évoquer la crise syrienne et la lutte contre le groupe jihadiste État islamique (EI).
Sur le front, au moins 37 personnes ont péri dans un attentat et des bombardements aériens dans diverses régions.
Dans la ville de Homs (centre), un attentat à la voiture piégée revendiqué par l'EI a fait 16 morts dans un quartier favorable au président Bachar al-Assad, selon le gouverneur de la province de Homs et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"L'explosion était terrifiante et a créé un énorme cratère. Des parties de corps gisaient par terre", a témoigné une habitante de 28 ans.
En début de semaine, des centaines de rebelles avaient quitté Waer (nord), dernier quartier qu'ils contrôlaient à Homs, en vertu d'un rare accord de cessez-le-feu supervisé par l'ONU, ouvrant ainsi la voie à une reprise totale de la grande ville par le régime.
Une grande partie de la province de Homs reste cependant sous le contrôle des insurgés, notamment du Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) dans le Nord et de l'EI dans l'Est, dont la célèbre ville antique de Palmyre.
Dans le nord-est du pays, des bombardements aériens attribués à la Russie ont tué 10 personnes, dont quatre enfants, dans la ville de Manbij contrôlée par l'EI, dans la province d'Alep, selon l'OSDH.
Et dans l'Est, 11 autres personnes, la plupart de la même famille, ont péri dans des bombardements aériens, dont les responsables restent inconnus, sur un village de la province de Deir Ezzor, que l'EI contrôle quasi totalement, selon l'OSDH.
- 'Trahison' -
Samedi, le chef du Front Al-Nosra, Abou Mohammad al-Jolani, a condamné de manière virulente la décision d'une partie de l'opposition syrienne d'accepter des négociations avec le régime en vue de trouver une issue à la guerre.
Réunis ensemble à Ryad pour la première fois depuis le début du conflit, les principaux groupes de l'opposition syrienne, politique et armée, ont toutefois exigé le départ du chef de l'État syrien avec le début d'une éventuelle période de transition.
"Il faut faire échouer de telles conférences et rencontres", a déclaré le chef du groupe jihadiste, interrogé par la télévision d'opposition syrienne Orient News, qualifiant de "trahison envers ceux qui ont versé leur sang pour la Syrie" la présence des rebelles à Ryad.
L'EI et le Front Al-Nosra n'avaient pas été invités à la réunion. Al-Nosra, plus important groupe jihadiste en Syrie, est allié avec des groupes rebelles notamment dans les provinces septentrionales d'Alep et d'Idleb.
"La plupart des (représentants) rebelles qui ont été invités à Ryad n'ont pas de contrôle sur leurs combattants. Même s'ils ont donné leur accord, je ne pense pas qu'ils ont le pouvoir de l'appliquer sur le terrain", a estimé le chef jihadiste.
Il a accusé la communauté internationale de s'être rangée "du côté du régime" depuis la conférence de Vienne, qui avait ouvert la voie à un possible processus de sortie de crise.
Adversaire d'Al-Nosra contre qui elle a mené des frappes aériennes, la Russie, alliée du président Assad, a elle aussi critiqué samedi la conférence de Ryad.
"Nous ne pouvons pas accepter la tentative de ce groupe réuni à Ryad de s'approprier le droit de parler au nom de toute l'opposition syrienne", a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
La Russie et les États-Unis s'opposent sur le sort à réserver au président syrien mais sont les principaux instigateurs d'un processus diplomatique visant à mettre fin à la guerre, dans le cadre du Groupe international de soutien à la Syrie.
Ce groupe doit se retrouver à New York le 18 décembre sous les auspices de l'ONU, avec l'objectif de faire avancer la perspective d'un cessez-le-feu négocié.
Depuis 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 250.000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes.
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Syrie : critiques contre la réunion de Riyad, au moins 37 morts dans un attentat et des bombardements
AFP / le 13 décembre 2015 à 05h02


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