Alors que les employés de la société Ogero organisaient hier un sit-in devant le siège de l'entreprise, à Bir Hassan, pour protester contre les accusations et la campagne dont celle-ci fait l'objet depuis dimanche, l'Inspection centrale s'est efforcée de mettre un terme à la polémique en désavouant son fonctionnaire qui avait mis en cause l'entreprise qui gère le réseau de téléphonie fixe et son patron, Abdel Menhem Youssef.
La polémique avait été lancée par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, qui avait accusé dimanche, lors d'une réunion partisane, Ogero de « se dérober depuis plus de trois ans à l'inspection des finances ». Cette accusation a poussé le jour même l'entreprise à publier un démenti, assurant que les affirmations du ministre étaient « dénuées de tout fondement » et indiquant avoir toujours fourni les clarifications requises par cet organisme public. Ogero s'est dit prête à faire parvenir à M. Bou Faour des copies de ses rapports financiers.
En réaction au communiqué de l'entreprise, un inspecteur financier, Salah Nadaf, du bureau de l'Inspection centrale, a contesté lundi les assertions de la société de télécommunications, affirmant dans un communiqué que « des investigations sur les infractions commises par son PDG, Abdel Menhem Youssef, sont en cours ». Le communiqué a notamment attribué à M. Youssef des propos selon lesquels « il ne soumettra pas les documents requis, quitte à devoir se démettre de ses fonctions ».
La société Ogero a alors répliqué à la déclaration de M. Nadaf, le fustigeant vivement, tout en l'accusant d'avoir porté atteinte à sa réputation « en tenant des propos diffamatoires » à son encontre. Ogero a également accusé l'inspecteur financier d'avoir usurpé les compétences du directeur de l'Inspection centrale en s'exprimant au nom de cet organisme, alors que ce dernier « n'avait pas eu, au préalable, connaissance de la démarche de M. Nadaf ».
L'affaire ne s'est pas arrêtée là. Hier matin, les employés d'Ogero ont en effet tenu, devant le siège de l'entreprise, un sit-in au cours duquel le président de leur syndicat, Georges Stephan, a affirmé en substance que « la société Ogero est dans le respect de la loi et le restera », et clamé haut et fort « la confiance des employés d'Ogero et du ministère des Télécommunications dans la personne de Abdel Menhem Youssef et des membres du conseil d'administration ».
Suite au mouvement de protestation, et dans une tentative de mettre fin à la polémique, l'Inspection centrale a publié hier après-midi un communiqué dans lequel elle précise que tout communiqué dont l'auteur n'est pas le directeur de l'organisme n'est doté d'aucune valeur. « Sachant que les enquêtes menées par toutes les inspections publiques, parties indivisibles de l'Inspection centrale, se distinguent par leur caractère secret, les résultats des investigations ne deviennent publics qu'après avoir été couronnés d'une décision finale de l'Inspection centrale, qui elle seule peut blâmer un fonctionnaire », souligne le communiqué.
Liban - Ogero
L’Inspection centrale désavoue son fonctionnaire zélé
Les employés de la société de téléphonie solidaires de Abdel Menhem Youssef.
OLJ / le 04 décembre 2015 à 00h00

