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Major de sa promotion, Dounia Messihi se distingue par sa créativité

Dounia Messihi, 21 ans, étudiante en art graphique et publicité à l'Alba, a remporté en mars dernier le premier prix du Masar Student Creative Award for Print au festival Dubaï – Lynx 2015. Et en juin, grâce à l'originalité de son projet de diplôme, elle est sortie major de sa promotion.

Nelly HÉLOU | OLJ
04/12/2015

Pour leur projet de fin d'études, les étudiants en art graphique et publicité pouvaient choisir l'édition, une charte graphique ou une campagne publicitaire. Un thème qui, en somme, résume leur parcours. « Pour ma part, affirme Dounia Messihi, j'ai choisi de présenter un projet qui regroupe les trois thèmes à la fois. » En premier, la jeune étudiante réalise un livre qu'elle intitule Shou stylac, à la façon multilingue de s'exprimer des Libanais. Dans ce livre, elle opte pour une démarche expérimentale, celle d'appliquer les règles de la charte graphique non pas à travers des logos, mais à travers des personnages qu'elle crée de toutes pièces. « Mes personnages représentent cinq caractères : Chabb el-gym (monsieur muscle), Li bi hebb batno (le gourmand), el-Madame, el-Aamm (le vieux désœuvré) et el-Fashionista (la reine des réseaux sociaux). Certes, ces personnages peuvent être universels, mais les slogans et les blagues qui les accompagnent sont ceux de notre société et les Libanais peuvent se retrouver dans ces notes humoristiques », explique-t-elle. Puis, Dounia décide de présenter son projet d'une façon originale sous la forme d'une campagne publicitaire. Elle reproduit les personnages en grandeur nature avec des têtes évidées. « Chacun des membres du jury a choisi de passer son visage dans l'un des mannequins ; et on les a pris en photo. » Le point fort de Dounia : avoir tout créé de A à Z. « J'avais à la fois travaillé graphiquement mes personnages, créé mes textes et intégré tout cela dans un livre, utilisant de la sorte tous les éléments de l'art graphique et de la pub. C'est un projet qui me ressemble. Le jury a retrouvé un peu de ma personnalité dans ce livre, et mes profs ont compris que je me suis amusée en le réalisant. » Dounia confie être « attirée par tout ce qui est humain, par l'observation des comportements, du style de vie, du langage du corps,
des mots » et éprouver du plaisir à « amuser les gens et à
imiter des personnages ».

Un monde auquel elle a « vraiment envie d'appartenir »
Lauréate du Masar Student Creative Award for Print au Lynx International Festival of Creativity pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui s'est déroulé à Dubaï au mois de mars, Dounia explique que ce concours consistait à créer une affiche en vue de sensibiliser les gens à soutenir l'association Dubaï Care qui promeut l'éducation dans les régions défavorisées. « Une idée a jailli en moi, confie-t-elle, réaliser un jeu de mots avec world (monde) et word (mot) qui ont une même prononciation, et j'ai fait la même chose en arabe avec élem (éducation) et alam (monde) ». Trois mois après la soumission de son projet, la jeune étudiante reçoit un courriel l'informant qu'elle fait partie des dix finalistes, puis un autre l'invitant au festival à Dubaï. « Évidemment, le fait de remporter le premier prix a renforcé ma confiance en moi-même et m'a encouragée pour mon projet de diplôme », raconte cette jeune étudiante, avec sa spontanéité naturelle. De ce qu'elle a gagné de cette expérience, elle dit également : « J'ai pu aussi discuter avec le jury qui a relevé les points forts et les points faibles de mon affiche. Nous avons de même passé trois jours des plus intéressants, en présence de graphiques designers internationaux, entre des ateliers, des débats sur la créativité, sur l'art graphique, sur les concepts, sur la publicité. Et j'ai réalisé, une fois de plus, que c'était un monde auquel j'avais envie d'appartenir. »

Une passion pour la communication
Comme beaucoup de jeunes à la sortie du secondaire, Dounia ne savait « pas trop ce qu'elle voulait faire ». « J'hésitais entre la psychologie, une formation artistique ou la thérapie par l'art. Mais je ne regrette pas mon choix qui, en définitive, s'adapte le mieux à mon caractère. Et je me suis découvert une passion pour l'expression et la communication à travers les lignes, les couleurs, les formes, le papier, les mots et les valeurs que je véhicule à travers la création. »
Les trois années de licence ne furent pas toujours faciles pour Dounia qui raconte : « Je passais par des moments d'angoisse, de doutes de moi-même, de questionnements car je suis méticuleuse et perfectionniste. Mais j'ai appris à porter mes efforts sur l'essentiel, à évacuer mon stress ; et mes profs m'ont encouragée car ils voyaient du potentiel en moi. » D'ailleurs, ces derniers insistent pour qu'elle poursuive un master. « Mais je préfère attendre un moment avant de choisir le sujet de mon master car il déterminera mon avenir professionnel. Je préfère travailler, aller sur le terrain, avant de me spécialiser », confie Dounia qui se dit intéressée par l'art dans la thérapie et l'enseignement car elle aime « le contact humain et c'est ce qui me manque des fois dans les arts graphiques ». Et de conclure : « J'aimerai aussi aller dans de grandes agences, mettre la barre haut pour me faire une idée exacte du travail, et peut-être lancer quelques projets personnels. »

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