Des centaines de personnes ont formé dimanche une longue chaîne humaine sur un boulevard de l'Est parisien, malgré une interdiction de manifester, pour dénoncer "l'état d'urgence climatique" à la veille du rassemblement en France de 150 dirigeants pour la conférence de l'ONU sur le climat, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Le long du boulevard Voltaire, les militants, qui étaient "plusieurs milliers" attendus selon les organisateurs, se prennent par la main, certains sautant et criant "Plus chaud que le climat". Nombre d'entre eux ont apporté des pancartes où est écrit "Ils ne sont grands que si nous sommes à genoux" ou encore "Ils exploitent, ils polluent, ils profitent! l'urgence est sociale et climatique".
"Il faut mettre une pression publique sur les dirigeants. On a été très déçus de l'annulation de la manifestation mais c'est une bonne alternative pour se mobilier", explique Aude, 29 ans, venue avec deux amies, comme elle chercheuses en sciences et vie de la terre.
Pour Léo, étudiant en philosophie dans la banlieue parisienne, âgé de 21 ans, "cette chaîne humaine, c'est un contre-pouvoir citoyen à la conférence officielle qui sera contre-productive, car elle est faite avec des industriels dont les intérêts sont contraires à l'écologie".
La Coalition climat 21, regroupant 130 organisations, a dû renoncer à marcher dans les rues de Paris à la suite de l'interdiction de manifester imposée dans le cadre de l'état d'urgence décrété en France après les attentats du 13 novembre.
Cette chaîne humaine n'est "ni autorisée, ni interdite, c'est une zone grise. On interprète ça comme une tolérance", a convenu Jon Palais, porte-parole de l'ONG Alternatiba.
Le boulevard Voltaire est cette avenue où des attentats ont été commis le 13 novembre, notamment à la salle de concerts mythique du Bataclan et devant une brasserie, le Comptoir Voltaire. Un journaliste de l'AFP a constaté que la chaîne censée relier la Place de la République à la Place de la Nation était interrompue à la hauteur du Bataclan. Les forces de l'ordre semblaient plutôt nerveuses dans cette zone.
En janvier, le boulevard Voltaire avait été parcouru par plus d'1,5 million de personnes, dont une cinquantaine de dirigeants étrangers autour du président français François Hollande, lors d'une marche internationale pour la liberté organisée quelques jours après une première série d'attentats commis à Paris contre des journalistes, des policiers et des juifs.
Ces attentats avaient fait au total 17 morts, ceux du 13 novembre en ont fait 130 dont 90 au Bataclan. Les deux séries d'attaques ont été revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique.
Les auteurs des attentats de janvier ont été tués. La plupart de ceux impliqués en novembre sont morts mais au moins deux fugitifs sont toujours activement recherchés par les polices européennes.
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COP21 : des manifestants forment une chaîne humaine à Paris pour dénoncer "l'état d'urgence climatique"
AFP / le 29 novembre 2015 à 13h07


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