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Sport - Athlétisme - Scandales

Et maintenant... Sebastian Coe

Soupçons de conflit d'intérêts avec Nike : sale temps pour l'IAAF et son président.

Sebastian Coe, président de l’IAAF, est soupçonné par la BBC d’avoir usé de son influence dans l’attribution des Mondiaux 2021 d’athlétisme à la ville de Eugene, fief historique de l’équipementier Nike, dans l’Oregon aux États-Unis. Coe est l’ambassadeur de Nike. Greg Baker/AFP

Dopage, corruption et maintenant conflit d'intérêts ? Une nouvelle polémique touche la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) : son président Sebastian Coe est soupçonné par la BBC d'avoir usé de son influence dans l'attribution des Mondiaux 2021 à Eugene, fief historique de l'équipementier Nike, dont il est l'ambassadeur.
Ces accusations tombent mal, juste avant la réunion du conseil de l'IAAF, demain à Monaco, et moins de trois semaines après le scandale de dopage organisé en Russie. Elles ternissent l'image de Coe : cet ancien champion olympique anglais, élu en août à la tête de l'instance pour succéder au controversé Lamine Diack, est censé être le chevalier blanc qu'attendait l'athlétisme. Plus largement, elles jettent à nouveau le doute sur la probité des grandes instances mondiales du sport, censées porter des valeurs morales fortes mais dont la crédibilité a été largement entamée par le scandale au sein de la Fédération internationale de football (Fifa).
La BBC affirme avoir eu accès à un courriel de Nike suggérant que Coe a fait du lobbying auprès de son prédécesseur à la tête de l'IAAF, le Sénégalais Lamine Diack, pour confier donc l'organisation des Mondiaux 2021 à Eugene, une ville de l'Oregon aux États-Unis. Coe, qui ne touche pas de rémunération comme président de l'IAAF, a toujours joué la transparence à propos de ses rapports avec Nike, qui le rétribue à hauteur de 100 000 livres (142 000 euros) par an. Mais les circonstances amenant au succès de la candidature de Eugene ne plaident pas en sa faveur.
De manière exceptionnelle, Eugene – battue sur le fil par Doha pour l'organisation des Mondiaux 2019 – s'est vu attribuer en avril dernier les Mondiaux 2021, avant que les candidatures ne soient analysées. Cette procédure exceptionnelle avait déjà été utilisée par le passé, permettant à la ville japonaise d'Osaka de recevoir les Mondiaux 2007. Le courriel cité par la BBC, daté du 30 janvier dernier, est signé de Craig Masback, directeur des affaires commerciales pour le marketing de Nike, et adressé à des responsables de la candidature de Eugene. « Il (Coe) m'a clairement dit qu'il soutenait Eugene pour 2021 mais, tout aussi clairement aussi, qu'il avait abordé le sujet avec Diack, qui lui a répondu : ''Je ne vais rien faire lors de la réunion d'avril (à Pékin) quant au choix du site pour 2021'' », écrit Masback.

Pas de lobbying
C'est pourtant lors de la réunion d'avril que le conseil, à la surprise générale, a attribué ces Mondiaux à Eugene, alors que la ville suédoise de Göteborg était également candidate pour un vote initialement prévu en novembre 2016.
Coe a immédiatement nié tout conflit d'intérêts. « Je n'ai pas fait de lobbying auprès de qui que ce soit », a-t-il dit sur le site de l'IAAF. L'instance a pris la défense de son président, assurant que « Coe ainsi que beaucoup d'autres membres du conseil de l'IAAF pensaient que le processus habituel d'attribution serait respecté ». « Sollicité par Göteborg, il (Coe) a demandé des éclaircissements au président Diack et avait reçu l'assurance qu'aucune décision ne serait prise à la réunion du conseil en avril. Il a donc continué à encourager Eugene et Göteborg à être candidates », écrit l'instance. « Je suis furieux à l'idée que nous n'ayons même pas eu la possibilité de présenter notre candidature et d'être évalués », a déclaré à la BBC Bjorn Eriksson, à l'époque président de la Fédération suédoise d'athlétisme.
L'IAAF se serait sans doute bien passée de cette nouvelle polémique. Demain, lors de la réunion de son conseil – son gouvernement –, elle doit avancer sur le dossier du dopage en Russie, après avoir décidé de suspendre provisoirement ce pays de toutes compétitions à neuf mois des Jeux olympiques de Rio. La Russie, l'une des nations historiques de ce sport, 2e au tableau des médailles à Londres 2012, devrait en savoir plus sur les modalités lui permettant de réintégrer le giron de l'IAAF.

(Source : AFP)

Dopage, corruption et maintenant conflit d'intérêts ? Une nouvelle polémique touche la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) : son président Sebastian Coe est soupçonné par la BBC d'avoir usé de son influence dans l'attribution des Mondiaux 2021 à Eugene, fief historique de l'équipementier Nike, dont il est l'ambassadeur.Ces accusations tombent mal, juste avant la réunion du conseil de l'IAAF, demain à Monaco, et moins de trois semaines après le scandale de dopage organisé en Russie. Elles ternissent l'image de Coe : cet ancien champion olympique anglais, élu en août à la tête de l'instance pour succéder au controversé Lamine Diack, est censé être le chevalier blanc qu'attendait l'athlétisme. Plus largement, elles jettent à nouveau le doute sur la probité des grandes instances mondiales du sport,...
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