Assignée à résidence à Alençon, la cousine du jihadiste Fabien Clain, dit avoir été "sciée" lorsqu'elle l'a entendu revendiquer les attentats de Paris, dans un entretien paru mardi dans le quotidien régional Ouest-France, qui donne également la parole à la mère de l'épouse de Fabien Clain.
"Pour moi, qu'il ait revendiqué ou commandité les attentats, c'est pareil! C'est une pourriture qui salit l'islam et sa famille", affirme sous couvert d'anonymat cette femme dans un "témoignage" publié par le journal, évoquant une "trahison".
"Moi je suis convertie depuis 2013 mais je pratique un islam modéré. Quand j'ai entendu la voix de Fabien et le chant de Jean-Michel (frère de Fabien ndlr) sur la revendication (par le groupe État islamique ndlr), j'étais sciée. Ce fut le choc pour moi", souligne-t-elle. "Ils ont joué un double jeu", ajoute l'Alençonnaise "en contact avec Fabien, sa femme Mylène et leurs enfants" depuis leur retour dans cette ville de 26.300 habitants en "2012", jusqu'à leur départ il y a quelques mois. "Les forces de l'ordre pensent que je suis liée à eux, mais je n'ai pas choisi ma famille (...) j'étais à mille lieues de penser qu'il pratiquait l'islam radical", ajoute-t-elle.
Interrogée, durant six heures selon elle jeudi, la cousine de Fabien Clain explique l'avoir vu pour la dernière fois "en début d'année".
Quant à sa femme Mylène, "pendant l'été j'ai reçu un message me disant qu'elle était en Syrie avec les enfants (...) J'ai parfois quelques nouvelles de sa part mais juste pour me dire comment vont les enfants, c'est tout", explique-t-elle. Quant à Jean-Michel, "je ne l'ai pas vu depuis des années. Il vit en Syrie avec sa femme et ses six enfants", assure sa cousine.
Du fait de son assignation à résidence depuis jeudi, elle doit pointer quatre fois par jour au commissariat. "J'ai peur de sortir, d'être agressée par des gens qui m'assimilent à Fabien et Jean-Michel", ajoute-t-elle.
Vétéran du jihadisme français, Fabien Clain, 37 ans, a passé une grande partie de son enfance à Alençon. Il s'est converti à l'islam dans les années 90. La "grand-mère des enfants" de Fabien Clain, qui vit aussi à Alençon, n'a pour sa part pas vu sa fille Mylène depuis "février dernier", a-t-elle indiqué à l'AFP confirmant ses propos dans un autre entretien à Ouest-France paru mardi.
"On leur avait retiré leur passeport. Comment ont-ils pu quitter le pays ?", se demande celle qui refuse d'être qualifiée de belle-mère de Clain, en l'absence, selon elle, de mariage civile. "Je suis debout car j'ai beaucoup de soutien. Mais ma vie est brisée", ajoute cette assistante maternelle, qui précise à l'AFP être catholique, peu pratiquante. "Je pense à tous ces gens qui sont morts", dans les attentats, dit cette femme qui, sous le choc, a fait un malaise la semaine dernière.
Fabien Clain et Mylène se sont retrouvés au milieu des années 90 à Alençon, après s'y être connus sur les bancs de l'école primaire. "Il était gentil, on peut pas lui enlever ça", dit la mère de Mylène. Mais lorsque sa fille, aujourd'hui âgée de 36 ans, commence à se voiler à l'âge de 20 ans, son père, décédé il y a deux ans, refuse de la voir. Sa mère, elle, ne peut rompre et voit sa fille et ses petits enfants, sans Fabien Clain. "Nous avons fréquenté très peu" la famille Clain, précise à l'AFP la mère de Mylène.
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Assignée à résidence, la cousine du jihadiste Fabien Clain dénonce son "double jeu" (presse)
AFP / le 24 novembre 2015 à 13h51


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