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Économie - Focus

Les électeurs argentins appelés à trancher entre deux modèles économiques

Libéralisation ou continuité dans la politique économique en Argentine ? Deux visions se heurtent demain au second tour de l'élection présidentielle pour relancer la 3e économie d'Amérique latine, au ralenti après une décennie de forte croissance. Pour le candidat soutenu par la coalition de gauche au pouvoir, Daniel Scioli, l'État doit continuer de jouer un rôle central dans la stratégie économique, alors que son adversaire du second tour de la présidentielle, Mauricio Macri, plaide pour plus de libéralisme.
Changer le modèle en vigueur ou poursuivre les réformes : Juan Napoli, directeur d'une société de courtage à la Bourse de Buenos Aires, estime qu'il faut avant tout « instaurer un taux de change réaliste », un taux parallèle ayant émergé depuis 2011. Sur ce marché officieux, un dollar s'échange contre près de 15 pesos, contre un peu moins de 10 au taux officiel. Non loin de la City, le quartier des affaires de la capitale, des centaines de cambistes harcèlent les passants. « Cambio, cambio » (change, NDLR), crient-ils depuis 2011, quand le gouvernement de Cristina Kirchner a établi un sévère contrôle de l'accès aux devises. Le cheval de bataille de Scioli est de présenter Macri comme un apôtre du néolibéralisme des années 1990, assurant qu'il dévaluera brutalement le peso argentin, actuellement surévalué, ce qui renforcerait une inflation déjà forte (30 %) et entamerait considérablement le pouvoir d'achat des Argentins. « Les investisseurs étrangers parient sur Macri. Mais les deux seraient contraints d'emprunter des chemins similaires. Macri rapidement, Scioli plus progressivement », fait remarquer M. Napoli.
L'industrie Argentine a eu du mal à se redresser après la crise de 2001/2002. Soutenue par des mesures protectionnistes limitant les importations, nombre d'entreprises ont toutefois tiré leur épingle du jeu. Marco Meloni, patron d'un grand groupe textile, Italcolore, en fait partie. « Nous ne voulons pas revenir au génocide industriel des années 1990 avec des importations libres. Ce serait la porte ouverte aux produits asiatiques manufacturés par une main-d'œuvre esclave », alerte M. Meloni, dont le père était concessionnaire Ferrari. Dans une de ses deux usines, dans la ville périphérique de Quilmès, les techniciens lancent la production en tapotant sur les écrans tactiles d'énormes machines confectionnant des chemises. « En 1974, il y avait 2,4 millions d'employés dans le textile. En 2002, en pleine crise, 200 000. Aujourd'hui, on en compte 350 000. Quatre milliards de dollars ont été investis dans les machines » en Argentine, affirme Meloni. Les économistes de Mauricio Macri préconisent le libre-échange. Daniel Scioli se veut le défenseur du « fabriqué en Argentine » et des emplois induits.
À la faculté de sciences économiques de l'Université de Buenos Aires, « une majorité d'étudiants votent Macri », raconte Mauro Sartori, 26 ans. Il milite pour l'Union civique radicale (UCR, centre-gauche), un parti qui s'est rallié au libéral Mauricio Macri. Mais, précise-t-il, « nous sommes en faveur de l'éducation publique et gratuite. Nous ne permettrons pas qu'on touche à ce droit ».
Dans la capitale, on perçoit une ambiance de fin de cycle après douze ans de « kirchnérisme ». « Celui qui gagne devra trouver un accord avec les « holdouts » (les fonds vautour qui réclament 7 milliards de dollars, NDLR). Et un mécanisme pour rapatrier les milliards de dollars que les Argentins ont sur des comptes à l'étranger. Les marchés soutiennent les candidats de droite comme Macri », estime Juan Napoli.

Daniel MEROLLA / AFP

Libéralisation ou continuité dans la politique économique en Argentine ? Deux visions se heurtent demain au second tour de l'élection présidentielle pour relancer la 3e économie d'Amérique latine, au ralenti après une décennie de forte croissance. Pour le candidat soutenu par la coalition de gauche au pouvoir, Daniel Scioli, l'État doit continuer de jouer un rôle central dans la stratégie économique, alors que son adversaire du second tour de la présidentielle, Mauricio Macri, plaide pour plus de libéralisme.Changer le modèle en vigueur ou poursuivre les réformes : Juan Napoli, directeur d'une société de courtage à la Bourse de Buenos Aires, estime qu'il faut avant tout « instaurer un taux de change réaliste », un taux parallèle ayant émergé depuis 2011. Sur ce marché officieux, un dollar s'échange contre...
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