« Dis jeddo, c'est vrai qu'elle était si belle qu'on ne pouvait s'imaginer vivre loin d'elle ? »
« Eh kif laken, merveilleuse... mais ça, c'était avant. »
Il est 18 heures, les vagues caressent les graviers blancs de la côte libanaise.
De l'écume, c'est sûrement ça qu'elle aperçoit au loin.
C'est blanchâtre et épais.
Presque mousseux.
Non.
C'est plutôt couleur crème. Café au lait même.
Sac-poubelle.
Ce sont des bulles.
Des bulles visqueuses, poisseuses, couleur arc-en-ciel.
On arrive à peine à voir au travers.
Elles puent le gazole.
Essence.
Elles dansent,
Elles s'envolent, virevoltent dans tous les sens, une vraie bousculade.
Les folles. Ivres d'hydrocarbures.
Tôt ou tard, elles vont crever !
Détritus.
Malika est surexcitée. Elle n'en a jamais vu autant et d'aussi grosses.
Elle se sent dans un rêve, bizarre certes, mais au-delà du réel.
Et tous ces poissons, ils brillent à la surface.
Ils dansent eux aussi.
Morbide danse du ventre sur une mer d'huile.
Eaux usées.
Autour d'elle, des algues.
Un tapis verdoyant, mais étouffant.
C'est du varech, espèce envahissante.
Malade.
Mauvaises herbes des fonds marins.
Elles veulent pomper notre oxygène, les ordures.
Dépotoir.
Comme une bulle de savon,
Presque une illusion,
Une agréable sensation, que tu touches quasiment du doigt,
Et puis qui s'en va...
Malika patauge en plein dedans,
Cette belle République poubelle
Celle que l'on aime tant.
Décharge.
Caroline TORBEY
Il est 18 heures, les vagues caressent les graviers blancs de la côte libanaise.De l'écume, c'est sûrement ça qu'elle aperçoit au loin.C'est blanchâtre et épais.Presque mousseux.Non.C'est plutôt couleur crème. Café au lait même.Sac-poubelle.
Ce sont des bulles.Des bulles visqueuses, poisseuses, couleur arc-en-ciel.On arrive à peine à voir au travers.Elles puent le gazole.Essence.
Elles dansent,Elles s'envolent, virevoltent dans tous les sens, une vraie bousculade.Les folles. Ivres d'hydrocarbures.Tôt ou tard, elles vont crever !Détritus.Malika est surexcitée. Elle n'en a jamais vu autant et d'aussi grosses.Elle se sent dans un rêve, bizarre certes, mais...


UN POÈME MACABRE... POUR L'OCCASION BIEN SÛR... À LIRE PAR NOS ALIBABISTES ABRUTIS !!!
12 h 35, le 19 novembre 2015