En début d'année, nous nous demandions qui allait gagner le match de la croissance en France. Qui dominerait entre, d'un côté, des facteurs exogènes devenus subitement plus favorables – repli de l'euro, des taux d'intérêt et du prix du pétrole – et, de l'autre, les handicaps domestiques bien connus que sont le poids des impôts et le coût du travail ? Il semble bien que les facteurs cycliques l'ont emporté. L'économie française enregistrera en 2015 une croissance réelle de 1,2% et une croissance nominale deux fois plus élevée. La faible inflation du CPI, effet pétrole aidant, a soutenu le pouvoir d'achat des ménages. La consommation reste le socle le plus solide de la croissance. Les tendances de l'investissement divergent selon les catégories. Les dépenses des entreprises françaises accélèrent un peu depuis l'an dernier, sans que cela réponde aux efforts de réduction du coût du travail. Ces mesures ne font au mieux qu'atténuer le coup de massue fiscal qui avait marqué le début du mandat de François Hollande. L'investissement industriel est avant tout stimulé par l'amélioration des conditions de financement (taux, crédit) et de la demande étrangère (effet euro). Par ailleurs, la majeure partie de ces dépenses est destinée au renouvellement plutôt qu'à l'extension de capacités. Les autres catégories d'investissement se replient. Les dépenses en logements des ménages ne se sont pas encore remises de la succession des chocs fiscaux et réglementaires des dernières années. On observe aussi une forte contraction des dépenses d'investissement des administrations depuis les élections locales de début 2014. Ce cycle électoral classique est accentué par le contexte de maîtrise des dépenses publiques. À choisir entre les dépenses courantes et l'investissement, l'administration française préfère sacrifier le second.
Cet article est réalisé par Fidus


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