Les forces kurdes irakiennes, soutenues par les frappes de la coalition internationale, ont avancé hier face au groupe État islamique (EI) près de la ville de Sinjar qu'elles veulent reprendre aux jihadistes.
Sinjar, située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière syrienne et non loin du Kurdistan irakien, se trouve sur une route stratégique reliant Mossoul (Nord), le fief de l'EI en Irak, et les territoires contrôlés par ce groupe en Syrie, dont leur « capitale » Raqqa. « En prenant Sinjar, nous serons en mesure de couper cette ligne de communication ce qui, nous croyons, affectera la capacité (de l'EI) à se réapprovisionner », a déclaré le colonel américain Steve Warren, porte-parole de la coalition. Et cela représentera « une première étape cruciale dans l'éventuelle libération de Mossoul », selon lui. La reprise de Sinjar, où les jihadistes se sont livrés en août 2014 à ce que le musée de l'Holocauste de Washington a défini hier dans un nouveau rapport de « génocide » contre la population yazidie, représenterait également une importante victoire sur le plan symbolique. Pour Dakhil Shammo, un militant yazidi des droits de l'homme, « aujourd'hui il y a deux bonnes nouvelles, la publication de ce rapport et l'opération de libération » de Sinjar.
Jusqu'à 7 500 combattants kurdes devraient prendre part à l'opération destinée à reprendre Sinjar et à « établir une zone tampon pour protéger (la ville) et ses habitants », a d'ailleurs indiqué le conseil de sécurité de la région autonome du Kurdistan, précisant que « les avions de la coalition fourniront un soutien aérien étroit aux forces peshmergas dans cette opération ». Mercredi, la coalition a annoncé avoir mené 24 frappes dans le secteur de Sinjar et huit de l'autre côté de la frontière, dans la région d'al-Hol, où les Forces démocratiques syriennes, une alliance soutenue par Washington, combattent également l'EI.
Offensive finale ?
Parallèlement, les forces gouvernementales irakiennes semblent mieux positionnées que jamais pour lancer une offensive finale contre les combattants de l'EI qui contrôlent Ramadi, située à près de 120 kilomètres à l'ouest de Bagdad. L'armée irakienne a toutefois conscience que la reprise de la ville, tombée sous le contrôle de l'EI en mai dernier, ne se fera pas dans la facilité et qu'elle prendra du temps. Un succès serait cependant une victoire spectaculaire pour Bagdad, qui avait essuyé un échec cuisant dans le chef-lieu de la vaste province d'al-Anbar, et viendrait sans doute doper le moral d'une armée irakienne dont les succès militaires sont rares. Sous la conduite d'unités d'élite de l'armée irakienne, entraînées par des troupes antiterroristes américaines, Ramadi a été quasiment bouclée et les voies d'approvisionnement coupées au sud et à l'ouest pour empêcher l'EI d'envoyer des renforts défendre la ville. Selon des officiers irakiens, un certain nombre de localités et d'infrastructures des environs de la ville sont désormais occupées par les forces gouvernementales.
Cependant, le recours fréquent par l'EI aux engins explosifs ainsi que le manque de préparation des soldats irakiens parfois mal équipés ralentissent l'offensive. La reprise de la ville se fait de surcroît sans le concours des Comités de mobilisation populaire, des miliciens chiites soutenus par Téhéran qui ont joué un rôle-clé à Tikrit et à Baïdji, et que l'armée américaine s'est efforcée de tenir à l'écart.
(Sources : agences)

