L’étude de Gicome a établi le risque de dégâts irréversibles sur un site jusque-là préservé. Photo Myrna Semaan Habre
Les tiraillements autour de la construction du barrage de Janné, à Nahr Ibrahim, se poursuivent entre le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, et le député de Jbeil, membre du bloc du Changement et de la Réforme, Simon Abiramia.
Le ministre de l'Environnement a réagi hier dans un communiqué aux propos du député aouniste qui avait accusé le ministère d'agir d'une façon vindicative dans le dossier du barrage de Janné et avait affirmé par la même occasion qu'aucun document écologique ou motif juridique ne pouvait empêcher l'exécution de ce projet.
« En se basant sur l'étude effectuée à la demande de l'Office des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban, qui a montré sans équivoque l'impact désastreux de la construction du barrage sur la biodiversité et le patrimoine culturel de la vallée d'Adonis, le ministère a émis des recommandations au ministère des Travaux publics lui demandant d'explorer des alternatives pouvant remplir les mêmes objectifs sans causer les mêmes dégâts environnementaux », peut-on lire dans le communiqué du ministère. Le ministre recommande également de « former un comité d'experts chargé d'évaluer, de manière scientifique et précise, les dégâts déjà causés au site par le chantier ». Il ajoute que « ce comité peut consulter au besoin des experts internationaux en vue de définir un plan clair pour la réhabilitation des zones endommagées ».
Le communiqué rappelle que tout ceci a été précisé dans la lettre envoyée par M. Machnouk le 18 septembre dernier au Premier ministre, Tammam Salam, lui demandant de « soumettre le problème au Conseil des ministres pour trancher » la question. C'est la raison pour laquelle le ministre de l'Environnement avait d'ailleurs demandé au ministère de l'Énergie et de l'Eau d'arrêter les travaux.
L'étude évoquée dans le communiqué avait été menée par le bureau Gicome à l'initiative de l'Office des eaux de Beyrouth, qui finance le projet, et à la demande du ministère de l'Environnement, pour répondre à quatre points : l'impact sur la biodiversité et sur le patrimoine culturel, les endroits les plus menacés, les risques de fuites et les risques d'effondrement.
Le constat de l'étude de Gicome était particulièrement accablant puisqu'elle souligne que le système écologique « unique » du lieu risque d'être « fragmenté par les travaux entrepris », que « des parties importantes subiront de graves dégâts », que « la présence d'un grand lac dans un système écologique qui s'est développé sans une telle structure sera synonyme d'une dégradation à long terme », que « de vastes étendues au-dessus du barrage et en dessous seront soumises à des pressions qui déstabiliseront l'équilibre climatique fragile », que « les espèces endémiques perdront leur territoire », etc. Le document démontre que sur la surface de construction du barrage se trouvent 404 espèces de végétaux, 739 espèces d'invertébrés, 6 espèces d'amphibiens, 23 espèces de reptiles, 32 de mammifères et 140 d'oiseaux. « Il n'y a pas de mesures compensatoires possibles pour les dégâts que subira la vallée », selon les experts du rapport.
Alors que le ministère de l'Environnement a demandé plusieurs fois l'arrêt des travaux sur ce barrage, le mouvement écologique libanais a dénoncé hier, via un communiqué, une reprise des travaux, appelant le gouvernement « à prendre les décisions requises et à appliquer la loi en empêchant la construction de ce barrage qui mettra en péril l'environnement et le patrimoine culturel de la vallée de Nahr Ibrahim ».
Le député Simon Abiramia avait annoncé auparavant que les députés de Jbeil, y compris lui-même, rejetaient la recommandation du président de la commission parlementaire de l'Énergie, le député Mohammad Kabbani, sur l'arrêt des travaux de construction d'un barrage à Janné (Nahr Ibrahim). « Il faut instaurer un équilibre entre les besoins de la population en eau et les questions environnementales telles que la protection des rongeurs ou des oiseaux », avait-il dit.


ET LA PROTECTION DES HOMMES CONTRE LES MALADIES CAUSÉES PAR LES DÉCHÊTS POURRIS... MANIPULATEURS DES MANIPULÉS... QU'EN EST-IL ?
12 h 14, le 11 novembre 2015