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Culture

Nicolas Chevereau joue l’intégrale pour piano de Naji Hakim à Beyrouth

Rencontre

Nicolas Chevereau, jeune et brillant pianiste français, a décidé de s'intéresser à l'œuvre pour piano du compositeur libanais Naji Hakim. Après la sortie du disque en 2014, l'interprète entame une série de concerts pour faire entendre l'intégrale de cette œuvre originale et trop peu connue. Invité par Georges Zoghbi et l'Université Saint-Joseph, il sera le 12 novembre à Beyrouth pour un récital unique à l'auditorium Aboukhater.

09/11/2015

En quoi va consister exactement le concert du 12 novembre ?
C'est un récital consacré aux œuvres pour piano de Naji Hakim. Je joue cette musique avec passion depuis des années, et un disque reprenant ce programme est sorti chez Rejoyce Classique l'année dernière. J'ai eu la grande joie de donner ces œuvres à Paris en juin 2013 puis janvier 2014 et suis particulièrement ému de les présenter au public libanais, dans la ville natale du compositeur.

Comment avez-vous découvert la musique de Naji Hakim ?
J'ai connu Naji Hakim au Conservatoire de Boulogne-Billancourt lorsque j'étais étudiant dans sa classe d'analyse musicale, voilà douze ans. Mon esprit curieux m'a naturellement poussé à découvrir sa musique. L'histoire d'amour a commencé par la découverte de son Seattle Concerto pour orgue et orchestre, qui m'a procuré un véritable choc et a bouleversé ma trajectoire de musicien. J'ai commencé par travailler sa fameuse Ouverture libanaise et me suis peu à peu approprié toutes les autres pièces pour piano. J'ai énormément joué ses compositions un peu partout en France lors de mes concerts, rencontrant beaucoup de succès car c'est une musique qui vient du cœur. J'ai été particulièrement honoré qu'il écrive spécialement pour moi, en 2012, sa plus vaste œuvre pour piano, chef-d'œuvre inspiré d'une chanson française populaire bien connue : variations sur Auprès de ma blonde, témoignage des relations culturelles puissantes entre la France et le Liban.

Cela vous a-t-il donné l'envie de découvrir d'autres compositeurs libanais ?
La sortie de mon disque consacré à Naji Hakim a permis de me mettre en relation avec beaucoup d'artistes libanais ; j'ai donc beaucoup d'amis dans ce pays qui m'ont fait partager leur culture. J'ai ainsi pu découvrir d'autres compositeurs fort intéressants, comme Georges Baz et Houtaf Khoury. Toutefois, l'œuvre de Naji Hakim est tellement riche et vaste que cela me nourrit largement pour le moment. Je reste bien entendu ouvert à toute rencontre et toute découverte.

Selon vous y-a-t-il un véritable courant de musique savante libanaise ?
Je n'ai pas la prétention de connaître toute la musique libanaise, mais ce que j'observe dans la musique de Naji Hakim c'est qu'elle apporte à la tradition occidentale toute la fantaisie et les couleurs de l'Orient, créant ainsi des pages d'une poésie particulièrement intense. Je pense notamment à son Kammerkoncert n°1, intitulé The Sun Shines Always On Beirut, à sa pièce Aalaiki'ssalaam ou encore à l'une de ses dernières œuvres, son Concerto pour piano, qui sera donné en décembre à Beyrouth et qui mériterait de figurer au répertoire de tous les orchestres. J'en profite pour dire qu'il est désolant que la France soit incapable de reconnaître à sa juste valeur l'un des compositeurs les plus doués du XXIe siècle, dont les œuvres devraient être programmées dans les salles les plus prestigieuses !

Quel a été jusqu'ici votre parcours musical ?
Je me suis formé au Conservatoire de Boulogne-Billancourt, avant d'entrer au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où je termine actuellement mon parcours. Mon maître le plus marquant et qui m'a véritablement appris à jouer du piano a été Aldo Ciccolini, que j'ai eu comme professeur pendant sept ans, jusqu'à sa mort en février dernier. Je suis fier et ému d'avoir eu la chance de partager de nombreux moments musicaux et humains avec cette grande âme.

Parlez-nous de vos projets
Je suis invité en décembre au sultanat d'Oman où se tiendra le grand festival de musique de chambre Arabesque International en compagnie de la soprano Amira Selim. Prochainement sortira mon deuxième disque, consacré à des mélodies françaises, que j'ai enregistré avec mon amie soprano Clémentine Decouture pour le label Passavant. Je retournerai à Beyrouth en mars prochain pour la création de mes six Chants d'amour que j'ai écrits sur des poèmes d'Alexandre Najjar, par l'orchestre philharmonique du Liban sous la direction de Harout Fazlian. J'ai d'ailleurs tenu à dédier cette œuvre à Naji Hakim, ce grand maître et ami en hommage, reconnaissance et respect.

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