Le député Talal Arslan n’a pas voulu se prononcer, place de l’Étoile, au sujet de la décharge de la Costa Brava avant de se réunir avec les forces actives de Choueifat. Photo Sami Ayad
Choueifat refuse que le site côtier de la Costa Brava soit réaménagé pour accueillir, à titre provisoire, une partie des déchets de la capitale et de sa banlieue sud. Député de la région, Talal Arslan l'avait déjà laissé entendre, mais il l'a confirmé hier en fin d'après-midi, au terme d'une réunion des forces actives de la ville.
La nouvelle est tombée sans surprise, compte tenu de la politisation et de la « communautarisation » à outrance de ce dossier. Après avoir écouté les points de vue des moukhtars de la région, d'activistes écologiques et des chefs religieux, lors d'une réunion à huis clos, M. Arslan a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a fait part de son opposition à la mise en place d'une décharge à la Costa Brava, sur le littoral de Choueifat, par « solidarité avec les habitants de la région ».
« Après avoir discuté de la question durant trois jours, nous avons décidé de nous prononcer contre l'aménagement du site », a déclaré M. Arslan, entouré d'édiles et de notables. Le député a par ailleurs indiqué que la seule solution à la crise des déchets est de les exporter. « Nous avons proposé cette solution au Premier ministre Tammam Salam », a-t-il souligné, tout en affirmant rester à la disposition du ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, et du chef du gouvernement pour aider à un règlement du dossier.
Après avoir précisé que c'est une mosaïque de communautés qui se trouve à Choueifat, le parlementaire s'est défendu d'avoir pris cette décision pour des raisons politiques ou communautaires. Il n'a pas cependant exposé les motifs de son refus.
La Costa Brava est considérée depuis des années comme une zone hautement polluée où les déchets sont jetés sauvagement. Il était question de réhabiliter le site pour en faire une décharge répondant aux normes internationales, mais l'opposition des habitants de Choueifat oblige la commission Chehayeb à aller à la quête d'autres solutions.
L'une d'elles serait l'exportation des déchets. L'idée avait été avancée en juillet dernier avant d'être abandonnée en raison du coût élevé de l'opération. Au terme de la neuvième séance de dialogue qui s'est tenue hier au Parlement, le député Hagop Pakradounian a révélé que la question a été de nouveau soulevée, en précisant qu'il a été question soit de les envoyer dans un autre État, soit de les garder dans les eaux territoriales. Cette dernière option avait été examinée il y a quelques mois aussi. Il s'agissait de mettre les déchets triés et empaquetés sur un bateau qui restera jusqu'à six mois dans les eaux territoriales libanaises.
De sources informées, on indique que plusieurs compagnies ont récemment offert au Liban d'exporter ses déchets vers des États qui s'en servent pour produire de l'énergie. Parmi les offres reçues, une seule aurait retenu l'attention des autorités. La compagnie en question offre d'exporter les déchets vers quatre pays. Le problème est que le coût de l'opération est au moins quatre fois plus cher que celui du traitement des déchets sur place. Mais, si jamais la décision est prise, elle n'a pas besoin d'être entérinée par le Conseil des ministres. Elle doit être prise par le chef du gouvernement.
Mais on n'en est pas encore là. L'exportation des déchets restera le dernier recours, compte tenu de son coût, même si plusieurs responsables semblent en faveur de cette option. Celle-ci avait été proposée par le député Sleiman Frangié à la réunion de dialogue. Talal Arslan l'a reprise à son compte. S'exprimant ensuite à sa sortie du Parlement au terme de la séance de dialogue (voir par ailleurs), le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a déploré l'amoncellement des ordures dans le secteur de La Quarantaine, jugeant nécessaire de les exporter et d'examiner les coûts de l'exportation avant la prochaine séance de dialogue.


Désolée...je ne connais pas de chef suprême pour la communauté druze ! Irène Saïd
15 h 59, le 04 novembre 2015