Le ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a vertement répliqué hier aux insinuations de la chaîne LBCI sur les origines de sa fortune, associant sa formation à sa personne et menaçant de recourir à la justice.
« Le CPL est la cible de campagnes médiatiques orchestrées par des services de renseignements qui l'accusent de corruption parce que ce parti n'est justement pas corrompu », a déclaré M. Bassil lors d'une conférence de presse tenue au terme de la réunion hebdomadaire à Rabieh du bloc du Changement et de la Réforme, que préside le général Michel Aoun. Il a menacé de « recourir à la justice contre tous ceux qui mèneraient des campagnes » visant sa personne ou le CPL.
M. Bassil réagissait à un rapport diffusé dans le cadre du programme Hki Jéless diffusé la veille sur la chaîne LBCI et selon lequel le ministre, un ingénieur civil né dans une famille modeste, se serait rapidement enrichi au point de s'acheter des dizaines de propriétés dans la région de Batroun, dont la valeur s'élèverait à 22 millions de dollars. Tout au long de la présentation, l'auteur du rapport a soigneusement laissé planer le doute sur la façon avec laquelle M. Bassil a pu s'enrichir.
« Je ne possède pas d'avion privé, ni de domiciles à l'étranger, et toutes les propriétés qui m'appartiennent actuellement m'ont été transmises en héritage de mon père et de mon grand-père », a-t-il martelé au cours de sa conférence de presse. Il a, en outre, estimé que si le courant électrique n'a pas encore été rétabli 24 heures sur 24, comme il l'avait promis il y a quelques années, « c'est en raison du blocage des projets, et non pas en raison de la dépense des sommes allouées à ces projets, comme certains le prétendent ».
L'enquête de la LBCI se basait sur des documents fonciers transmis par le groupe « Anonymous » qui traque les figures publiques sur les questions de corruption. Selon ces documents, Gebran Bassil a acquis 38 terrains dans une période de dix ans, entre 2005 et avril 2015, date après laquelle d'éventuels achats n'apparaissent pas sur les documents officiels.
Selon ces papiers, dont l'authenticité n'a pas été remise en question par le ministre, ce dernier, qui n'occupait aucun poste officiel à l'époque, a pu lotir en 2005 une grande parcelle de terre en 15 parts valant au total plus d'un million de dollars, et ce quatre mois après le retour au Liban de son beau-père, le général Michel Aoun, après un exil en France.
L'enquête poursuit en précisant que M. Bassil était accusé, du temps où il occupait les fonctions de ministre des Télécoms, entre 2008 et 2009, d'avoir vendu des milliers de numéros de téléphone spéciaux à 3 000 dollars chacun, alors que leur vraie valeur ne dépassait pas les 500 dollars.
« Le candidat doublement malheureux aux législatives (en 2005 et 2009) a été par la suite ministre de l'Énergie dans deux cabinets successifs, de 2009 à 2014, période durant laquelle il achètera davantage de terrains dans la région de Kfar Abida (Batroun) qui donne sur la mer, et d'autres zones stratégiques à Batroun : en une seule année, 2009, il s'est approprié des terrains dont la valeur s'élèverait à 14 millions de dollars. Comment a-t-il pu faire ces acquisitions ? » s'est demandé le journaliste tout en s'abstenant d'accuser directement Gebran Bassil.
Le programme met en exergue par ailleurs les promesses de M. Bassil de fournir l'électricité 24h/24 en 2015. « Des promesses qui se sont concrétisées par des campagnes publicitaires onéreuses complètement inutiles et financées par le contribuable qui n'a été malheureusement pas éclairé par la suite », a noté le journaliste.
L'enquête précise en outre, documents à l'appui, qu'en 2010, M. Bassil a acheté deux terrains classés, à caractère archéologique, à Batroun, d'une valeur de 4,5 millions de dollars.
Entre 2014 et 2015, un achat d'un terrain et une vente d'un autre terrain ont gonflé le compte du ministre de 1,15 million de dollars, toujours selon les documents du cadastre exfiltrés par le groupe « Anonymous ».
Les auteurs de l'enquête ont par la suite procédé à un calcul approximatif des rentrées de M. Bassil durant les huit années passées au gouvernement. Sur la base d'un traitement de 12,973 millions de livres par mois, cela donnerait un total de 1,25 million de dollars. Ils sont donc arrivés à la conclusion suivante : « Comment le ministre a-t-il pu s'approprier un patrimoine immobilier dont la valeur minimale est estimée à 22 millions de dollars ? »
Liban - Polémique
Bassil : Nous poursuivrons en justice toute personne s’attaquant à ma personne ou au CPL
Le ministre des Affaires étrangères a réagi hier aux accusations de corruption véhiculées dans les médias à son encontre.
OLJ / le 04 novembre 2015 à 00h00


Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois... Ou plutot aux royaume des vierges effarouchees, les femmes de petites vertus sont immaculees... A bon entendeur...
16 h 01, le 04 novembre 2015