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Moyen Orient et Monde - turquie

« Aujourd’hui, les enfants de deux ou trois ans à peine savent déjà ce qu’est la guerre. Vous trouvez ça normal ? »

Épuisée, Diyarbakir veut encore croire à la fin du conflit kurde.

À Diyarbakir, lors d’affrontements entre des Kurdes et les forces de police, le 1er novembre 2015. Bulen Kilic/AFP

Malgré la victoire électorale du parti du président Recep Tayyip Erdogan, dimanche, les habitants de Diyarbakir (Sud-Est), épuisés par la guerre, veulent encore croire à une reprise du processus de paix entre le gouvernement et les rebelles kurdes. « 40 000 morts depuis 1984... Ça suffit, il faut que ça s'arrête », soupire Seehriban Cinak.
Depuis juillet, les combats ont repris entre les forces de sécurité turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), faisant voler en éclats un fragile cessez-le-feu qui tenait depuis 2013. Dans le district de Sur, où habite la jeune femme, les jeunes partisans des rebelles font régulièrement le coup de feu avec la police. Dimanche, les électeurs y ont voté sous forte protection, dans des bureaux aux façades criblées de balles et surveillés par des blindés. « Ces deux dernières années, les gens qui, avant, ne connaissaient que la guerre se sont habitués à la paix, à la sérénité », explique Hakan Akbal, 39 ans, qui préside une association de jeunes entrepreneurs du sud-est de la Turquie. « Cela s'est ressenti dans les résultats des élections », souligne-t-il. Dans la seule ville de Diyarbakir, l'AKP est parvenu à arracher deux des onze sièges à pourvoir, un de plus qu'en juin, en agitant pendant la campagne la menace du « chaos ». Les habitants de la « capitale » du sud-est à majorité kurde de la Turquie regardent désormais vers le palais présidentiel d'Ankara, convaincus que leur avenir dépend plus que jamais de la volonté de l'homme fort du pays.

Sortir le processus du « frigo »
« Le processus de paix est entre les mains du président. C'est lui qui l'a initié (...) et c'est lui qui l'a fait dérailler », juge Nevzat Celikten, 65 ans, « il faut qu'il s'en occupe ».
Pendant sa campagne, M. Erdogan a promis au pays de poursuivre le combat contre les « terroristes » du PKK jusqu'à leur fin. « Le résultat des élections a livré un important message pour le PKK », a-t-il répété après sa victoire sur un ton ferme, « l'oppression et l'effusion de sang ne peuvent coexister avec la démocratie ». En août, alors que les combats faisaient rage, le chef de l'État avait signalé que le processus de paix était « au frigo ». « Malheureusement, ils (les Kurdes) n'ont pas compris ce que nous avions fait pour eux », avait-il ajouté en faisant porter la responsabilité de l'échec des discussions sur les rebelles. Le PKK et les partisans de la cause kurde attribuent au contraire cet échec aux promesses de réformes non tenues par Ankara. « Les élections sont passées, il faut maintenant sortir le processus du frigo », presse Omer Ak, 48 ans, un vendeur de cheminées du centre de Diyarbakir. « Le sang ne se nettoie pas avec le sang. Il est temps de verser un seau d'eau dessus. »
Mais la reprise de discussions s'annonce difficile, au moins à bref délai. « Ce gouvernement a toujours érigé en priorité l'endiguement de la violence. Le dialogue ne viendra que plus tard », pronostique Dogu Ergil, spécialiste du conflit kurde à l'université Fatih d'Istanbul.
Une perspective qui inquiète Seehriban Cinak. « Le gouvernement et le PKK ont montré qu'ils se fichaient pas mal de nous », regrette-t-elle. « Aujourd'hui, les enfants de deux ou trois ans à peine savent déjà ce qu'est la guerre. Vous trouvez ça normal ? »
Gokan Alexandre GUNES/AFP


Malgré la victoire électorale du parti du président Recep Tayyip Erdogan, dimanche, les habitants de Diyarbakir (Sud-Est), épuisés par la guerre, veulent encore croire à une reprise du processus de paix entre le gouvernement et les rebelles kurdes. « 40 000 morts depuis 1984... Ça suffit, il faut que ça s'arrête », soupire Seehriban Cinak.Depuis juillet, les combats ont repris...

commentaires (2)

C'EST TRÈS REGRETTABLE ! LES ENFANTS PARTICIPANTS AUX GUERRES SERONT DES VOYOUS...

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

13 h 09, le 03 novembre 2015

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Commentaires (2)

  • C'EST TRÈS REGRETTABLE ! LES ENFANTS PARTICIPANTS AUX GUERRES SERONT DES VOYOUS...

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 09, le 03 novembre 2015

  • ].Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’otan elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —comprenez le sous-entendu .Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de l'Iran de la Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président Bashar dont on annonce depuis cinq ans sa fin.Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur osdh. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher . Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, Brennan, prétend que la Russie s’apprête à lâcher Bashar, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion du club des rats qui quittent

    FRIK-A-FRAK

    09 h 21, le 03 novembre 2015

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