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Moyen Orient et Monde - reportage

Les élections ont été ponctuées d’incidents et de harcèlements

Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pour protéger les 179 000 urnes dans les 81 départements.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, sortant de l’isoloir, hier. Ozan Kose/AFP

Hier, plus de 54 millions de citoyens étaient invités à voter une deuxième fois, cinq mois après les élections générales du 7 juin en Turquie. Le taux de participation était « assez élevé » à la mi-journée, selon les premières observations, surtout dans l'est et le sud-est du pays à majorité kurde.
Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pour protéger les 179 000 urnes dans les 81 départements. Des incidents mineurs ont été rapportés vers midi, surtout dans les régions kurdes : coupure d'électricité à Van ; interdiction d'accès aux observateurs étrangers accrédités à Batman (le Conseil d'Europe, l'Union interparlementaire et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ont envoyé en tout 304 observateurs) ; des responsables locaux de HDP (Parti démocratique des peuples, kurdes et gauche, 80 députés sur 550 dans le Parlement sortant) arrêtés à Kurtalan ; des voitures sans plaques d'immatriculation garées dans les jardins des écoles primaires où se trouvent les urnes...
Par ailleurs, certains membres du collectif « Les Votes et plus », la plus grande ONG qui surveille le scrutin, ont été harcelés alors qu'ils étaient déjà accrédités par le Haut Conseil des élections.
Parallèlement, l'état-major de l'armée turque a annoncé hier vers midi que des raids et bombardements étaient effectués contre les positions du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, en lutte armée contre le pouvoir central depuis 1984 pour la reconnaissance des droits des Kurdes) à Sirnak et à Hakkari (Sud-Est).

« Il ne faut pas enchanter le païen »
Deux quotidiens se sont distingués hier par leurs manchettes à la une : « Le dernier jour du sultanat », titrait Cumhuriyet (République, centre gauche, 55 mille exemplaires) en référence au 1er novembre 1922 quand la Première Grande Assemblée nationale de Turquie, sous la direction de Mustafa Kemal Atatürk, avait pris la décision d'abolir le sultanat, premier pas de la fin de l'Empire ottoman et celui de la création de la République.
De son côté, Yeni Akit (Le Nouveau Contrat, islamiste extrême droite, 30 mille exemplaires) titrait : « Il ne faut pas enchanter le païen », accompagné des logos des grands médias occidentaux comme CNN, AFP, Der Spiegel, Washington Post, etc.
Durant la journée, les chaînes de télévision ont diffusé en direct des images montrant les présidents des quatre grands partis (AKP, Parti de justice et de développement au pouvoir depuis 2002 ; CHP, Parti républicain du peuple, principale formation de l'opposition avec 131 députés ; MHP, Parti d'action nationaliste, extrême droite, 79 députés ; et HDP) ainsi que le président de la République Recep Tayyip Erdogan, voter dans leurs circonscriptions respectives. M. Erdogan a déclaré que « de toute façon, sans tenir compte des résultats, nous les respecterons ». Il a également ajouté que les « électeurs voteront pour la stabilité », synonyme de « continuité » dans le jargon du parti au pouvoir. De son côté, le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, a fait une gaffe hier en déclarant qu'il va absolument « faire un discours de fête » (au lieu de victoire) dimanche tard dans la soirée. Kemal Kilicdaroglu, chef du CHP, a souhaité « une Turquie démocratique » alors que Selahattin Demirtas, coprésident du HDP, a insisté sur la nécessité de la « paix ».
Les bureaux de vote ont fermé à 16h00 dans l'est et à 17h00 dans l'ouest du pays. Le Haut Conseil des élections avait interdit la publication et la diffusion des résultats avant 21h00, heure locale, alors que les spécialistes estiment en effet qu'on peut avoir une idée générale des résultats à partir de 20h00.
La majorité des observateurs estiment néanmoins qu'il peut y avoir des changements dans les résultats par rapport à ceux du 7 juin, d'autant que les différents partis politiques n'ont pas pu faire une campagne électorale proprement dite en raison notamment de l'attentat d'Ankara le 10 octobre, lorsque plus de 100 personnes ont trouvé la mort à la suite d'une double explosion lors du grand meeting pour la paix et la démocratie.

Hier, plus de 54 millions de citoyens étaient invités à voter une deuxième fois, cinq mois après les élections générales du 7 juin en Turquie. Le taux de participation était « assez élevé » à la mi-journée, selon les premières observations, surtout dans l'est et le sud-est du pays à majorité kurde.Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pour protéger les...
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