Les Wallabies à l’entraînement, hier. Gabriel Bouys/AFP
Il ne manque plus que 80 minutes aux hégémoniques Néo-Zélandais pour devenir la première équipe de l'histoire du rugby à conserver la Coupe du monde, à condition d'éteindre la résurrection du voisin australien, aujourd'hui en finale à Twickenham.
Qui aurait dit un jour qu'un empire naîtrait aux antipodes, dans un petit pays de quelque 4,5 millions d'habitants seulement mais régnant depuis plus d'un siècle sur la planète ovale ? Ce royaume porte un nom : All Blacks. Deux mots universels devenus marque de fabrique, synonyme d'un savoir-faire ancestral et d'une recherche vitale de la perfection. Tous sports confondus, peu d'équipes en effet peuvent se prévaloir d'une telle réussite sur la durée : 412 victoires en 537 matches officiels depuis 1903, soit plus de 78 % de succès. Un ratio ahurissant, encore amélioré ces quatre dernières années, puisque les hommes en noir n'ont perdu que 3 matches et laissé en route que 2 matches nuls, pour 48 victoires !
Paradoxalement, cette incontestable domination ne s'est pas toujours matérialisée en Coupe du monde. Vainqueurs de la première édition chez eux en 1987, les All Blacks ont attendu le retour du tournoi sur leurs îles pour l'emporter de nouveau, en 2011. C'est précisément ce qui rend leur retour en finale bien moins anodin qu'il n'y paraît. Sur la foi de ces résultats, longtemps a-t-on murmuré que loin de chez eux, ces All Blacks peinaient à resserrer leur étreinte. On a pu aussi entendre, ci et là, que les Néo-Zélandais avaient une fâcheuse tendance à flancher dans les grands événements. Bref, c'est l'occasion de tordre le cou à ces infamantes rumeurs en se parant de gloire à plus d'un titre : là, dans le Temple du rugby anglais, à 20 000 km d'Auckland, les All Blacks pourraient réussir à conserver leur couronne mondiale, un exploit jamais réalisé.
Pour leur part, les Wallabies, encore moribonds à l'automne dernier, ont reverdi sous la houlette du sélectionneur à poigne Michael Cheika. Ce serait un incroyable braquage que réussiraient les Australiens en l'emportant, et leur succès n'en serait que plus sucré si on le saupoudre de l'historique querelle de voisinage entre les deux rives de la mer de Tasmanie. Comme les All Blacks, les Wallabies sont en quête d'un 3e titre mondial après ceux de 1991 et 1999.
On salive d'avance à l'idée des duels qui s'annoncent dans les rucks, et l'on se demande bien de qui viendra l'éclair de génie qui décadenassera une partie en forme de long bras de fer...
(Source : AFP)

