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Couvrir la guerre : cinq journalistes débattent avec les étudiants de l’UL

Les cinq journalistes ont témoigné des conditions dans lesquelles s’effectue, au quotidien, la couverture médiatique de la violence.

Dans le cadre du colloque organisé par l'Institut français du Proche-Orient, «1975-2015: nouveaux regards sur le Liban en guerre», du 21 au 23 octobre, la faculté d'information de l'Université libanaise, section 2 (FI2), a animé une table ronde, le 21 octobre, sur le journalisme de guerre.
La faculté a accueilli cinq grands noms du journalisme pour un débat ouvert avec les étudiants sur l'exercice du métier de journaliste dans un contexte de guerre : Jim Muir, correspondant de BBC News au Moyen-Orient, Pierre Abi Saab, directeur adjoint de la rédaction du journal al-Akhbar, Sammy Ketz, chef du bureau de l'AFP à Beyrouth, Benjamin Barthe, correspondant à Beyrouth du journal Le Monde, et Patrick Baz, chef du service photo Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'AFP.
Ces cinq journalistes ont témoigné des conditions dans lesquelles s'effectue, au quotidien, la couverture médiatique de la violence. Pour tous, rapporter jour après jour les bombardements, les massacres, les fusillades n'avait rien d'un choix, mais fait partie de l'expérience professionnelle de tout journaliste couvrant la région du Moyen-Orient.

La difficulté de nommer la guerre
Mis à part Benjamin Barthe qui a tout d'abord été free-lance à partir de 2011 avant d'intégrer le journal Le Monde en 2014, tous ont commencé par couvrir le conflit libanais. À cette époque, au Liban, note Jim Muir, la situation des journalistes occidentaux n'était pas celle qui prévaut aujourd'hui sur les terrains syrien et irakien. «C'est vrai que, durant la guerre du Liban, je me suis senti un peu privilégié parce que, en tant que journalistes étrangers, nous avions le droit de passer les lignes d'affrontement. Pour les journalistes libanais, c'était beaucoup plus difficile et
dangereux.»
Sur le plan technique également, les choses ont bien changé avec l'arrivée de la communication par satellite et d'Internet. Libanais d'origine, Patrick Baz est devenu photographe en couvrant la guerre qui ravageait son propre pays. Il se rappelle des difficultés techniques de l'époque pour faire parvenir aux rédactions des clichés qu'il ne découvrait qu'une fois la parution de l'article. «À l'époque, on utilisait le télex car les lignes internationales n'existaient pas. On faisait parvenir les photos aux rédactions sans trop savoir ce qui serait retenu. À l'aéroport, il y avait la pratique des "pigeons", de simples passagers à qui on donnait nos clichés, avec quelqu'un qui les attendait à l'atterrissage à Paris.»
Pour Pierre Abi Saab, la difficulté pour les journalistes libanais et aujourd'hui pour leurs confrères syriens et irakiens réside plus largement dans le fait qu'ils sont en même temps citoyens de ces pays en guerre. Selon lui, «il faut rompre avec le mythe de l'impartialité». Réagissant à une intervention de Josette Abi Tamer, étudiante en master 2 de recherche, sur les mots utilisés par les médias pour qualifier la guerre, il donne cet exemple: «Après la guerre des deux ans, il y a eu une trêve et les gens ont commencé à parler de la "guerre des deux ans", mais pour dire que le reste ne sera plus une guerre.» Sammy Ketz se souvient également que le mot «guerre» était presque «obscène» et que c'était le terme «événements» qui était utilisé.

« La couverture médiatique en Syrie est virtuelle »
Pour les journalistes couvrant aujourd'hui les terrains de guerre voisins, l'accès direct est impossible pour des raisons de censure ou bien de sécurité. «Nous restons beaucoup trop loin de notre sujet, explique Benjamin Barthe. On doit trop souvent se reposer sur des témoignages qui ne sont même pas toujours directs, mais plutôt de seconde main.» Patrick Baz confirme: «Pour la 1e fois de ma carrière, je couvre un conflit virtuellement.»
Ne pouvant accéder directement au terrain, les journalistes doivent travailler à partir de sources récoltées auprès d'amateurs sur le terrain qui font parvenir des informations grâce à leur cellulaire et une connexion Internet. Doit-on y voir un danger pour le métier de journaliste? Pour l'ensemble des invités de cette table ronde, ce que les journalistes peuvent apporter comme plus-value, c'est leur compétence dans la vérification et le recoupement des sources. «Vous ne serez des journalistes que parce que vous aurez été sceptiques et que vous serez alors allés vérifier toutes les informations», souligne Sammy Ketz.

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Dans le cadre du colloque organisé par l'Institut français du Proche-Orient, «1975-2015: nouveaux regards sur le Liban en guerre», du 21 au 23 octobre, la faculté d'information de l'Université libanaise, section 2 (FI2), a animé une table ronde, le 21 octobre, sur le journalisme de guerre.La faculté a accueilli cinq grands noms du journalisme pour un débat ouvert avec les étudiants sur l'exercice du métier de journaliste dans un contexte de guerre : Jim Muir, correspondant de BBC News au Moyen-Orient, Pierre Abi Saab, directeur adjoint de la rédaction du journal al-Akhbar, Sammy Ketz, chef du bureau de l'AFP à Beyrouth, Benjamin Barthe, correspondant à Beyrouth du journal Le Monde, et Patrick Baz, chef du service photo Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'AFP.Ces cinq journalistes ont témoigné des conditions dans...
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