Des panneaux solaires installés à Clichy Batignolles, un « quartier écologique », pour donner l’exemple avant le début de la « COP21 ». Benoît Tessier/Reuters
Les négociateurs de 195 pays ont approuvé hier à Bonn un texte de négociation pour la conférence climat de Paris.
Le texte d'une cinquantaine de pages a toutefois été critiqué lors de la dernière séance plénière pour son manque de lisibilité et la négociatrice française Laurence Tubiana a appelé les pays à changer de méthode et à venir à Paris avec « un esprit de compromis ». « Le texte n'est pas exactement ce que j'avais espéré pour le début de la conférence de Paris », a regretté Laurence Tubiana. « Nous n'avons pas réellement négocié cette semaine, nous avons clarifié les options, mais nous ne pourrons pas répéter ça la prochaine fois, vous devez être prêts à négocier à Paris dès le premier jour », a martelé l'ambassadrice française. « Si nous voulons transformer ce texte en accord juridique, nous devrons travailler différemment à Paris », a également affirmé le Pérou à la tribune lors de la clôture d'une semaine de discussions dans l'ex-capitale allemande.
Question du financement
De fait, cette semaine à Bonn aura ravivé la traditionnelle fracture entre pays développés et en développement, qui caractérise les négociations sur le climat. Les pays du Sud, qui rappellent la responsabilité des pays du Nord dans le réchauffement, et qui vont, avec ce futur accord, s'engager pour la première fois à des réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES), ont mis la pression pour obtenir des engagements financiers afin de faire face aux impacts du réchauffement. Sous l'effet des GES issus pour l'essentiel de la combustion d'énergies fossiles, la planète se réchauffe à une vitesse inédite, générant des événements météorologiques extrêmes, la fonte accélérée des glaciers ou encore la montée du niveau des océans. « Le succès ou pas de Paris dépendra de ce qu'il y aura sur les financements », a souligné l'ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko, accusant les pays riches de fuir leurs obligations et d'interdire à dessein la présence d'observateurs (ONG notamment) aux réunions.
De leurs côtés, les pays développés font valoir que les grands pays émergents peuvent désormais contribuer financièrement. La question des dommages climatiques subis, et de leur compensation, est un autre sujet brûlant. Autant de divisions qui ne pourront se résoudre qu'au plus haut niveau à Paris.
« Les financements, c'est le sujet compliqué. Ce sera sûrement pour la fin de la COP », souligne Mme Tubiana. La conférence sur le climat (« COP21 ») doit s'ouvrir le 30 novembre en présence de chefs d'État invités à venir donner une « impulsion politique ». Les négociateurs se pencheront ensuite sur le texte, avant de passer la main la dernière semaine aux ministres, chargés de trancher.
(Source : AFP)

