Nehmé Mahfouz participant avec les enseignants au sit-in hier devant la Cour des comptes. Photo Ani
Le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfouz, a affirmé mardi, lors d'un sit-in du Comité de coordination syndical (CCS) devant le siège de la Cour des comptes, que les membres de la profession et le CCS allaient poursuivre leur action jusqu'à ce que la grille des salaires soit placée à l'ordre du jour de la Chambre des députés.
M. Mahfouz s'exprimait alors que les enseignants du cycle secondaire dans le secteur public observaient une grève générale sur l'ensemble du territoire libanais dénonçant « l'injustice » qui les frappe.
« Le CCS possède tous les moyens pour agir et obtenir ses droits, a déclaré M. Mahfouz. Nous allons continuer à enseigner à vos enfants le matin et descendre dans la rue dans l'après-midi pour réclamer nos droits. » « Ce mouvement a pour objectif de mettre la pression sur la classe politique pour qu'elle réactive le travail de la Chambre des députés », a-t-il poursuivi, accusant les responsables politiques de « boycotter toutes les institutions constitutionnelles ».
« Le Parlement doit approuver la grille des salaires parce que c'est la priorité et que cela fait quatre ans que nous la réclamons, sinon nous allons recourir de nouveau à la rue », a menacé M. Mahfouz. « Il n'y a rien de plus important que les besoins vitaux des Libanais », a-t-il ajouté. « Le droit à la grève est un droit sacré, et personne n'a le droit de nous l'interdire et nous empêcher d'être en grève. Nous ne permettrons à personne de toucher au CCS et à son droit à appeler à la grève », a-t-il martelé.
Par ailleurs, le président de la Ligue des enseignants des classes secondaires, Abdo Khater, a remercié dans une déclaration tous les enseignants et directeurs des lycées publics pour s'être conformés à l'ordre de grève du syndicat. S'adressant au ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Élias Bou Saab, qui avait lancé lundi une menace de sanction à l'encontre des enseignants ayant décidé d'observer la grève, M. Khater a dit : « Nous remercions le ministre pour sa prise de position qui, en fait, a contribué au succès de la journée de grève. »
M. Bou Saab avait vivement critiqué l'action des syndicats. « Réclamer l'adoption de la nouvelle grille des salaires est un droit, mais les professeurs doivent savoir qu'ils se sont parfois trompés dans la méthode utilisée, avait-il déclaré. Le CCS en est arrivé à vouloir m'apprendre à faire mon travail, et je souhaite que chaque partie connaisse son rôle et son travail. »
Le CCS revendique depuis quatre ans déjà le vote de la nouvelle grille des salaires dans le secteur public et les écoles privées. Le principal problème qui entrave l'approbation de cette grille est la détermination des sources de financement.

