Selon les experts, les bombardements russes éloignent encore les perspectives de sortie du chaos en Syrie. Khalil Ashawi/Reuters
La Russie a procédé hier pour le troisième jour consécutif à des raids en Syrie, assurant avoir frappé l'État islamique (EI).
Moscou, allié historique du président Bachar el-Assad, effectue depuis mercredi des raids sur la Syrie au nom de la lutte « contre le terrorisme ». Mais l'Occident et les pays arabes la soupçonnent de concentrer ses attaques sur les autres opposants au régime syrien, à un moment où M. Assad semble fragilisé sur le terrain. Les Russes ne prétendent pas frapper exclusivement l'EI, mais assurent qu'un certain nombre de leurs bombardements ont touché les positions jihadistes.
Hier soir, le ministère russe de la Défense a ainsi indiqué que six nouvelles frappes avait visé l'EI dans la journée, dans les provinces d'Idleb et de Hama. Une source sécuritaire sur le terrain a également signalé des frappes dans ces provinces, où est surtout présent le groupe al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda qui se bat à la fois contre l'EI et contre le régime syrien. Le gouvernement russe a en outre révélé qu'un premier raid avait eu lieu jeudi sur la province de Raqqa, fief de l'État islamique. Ces frappes ont provoqué la mort d'au moins 12 jihadistes, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'EI a annulé la prière du vendredi par peur des raids russes, a ajouté cette ONG.
Selon une personne originaire de la ville de Raqqa, Abou Mohammad, « les habitants effrayés se terraient dans les caves ou chez eux. L'EI, pour sa part, a coupé l'électricité la nuit quand les avions russes survolaient la ville ».
Les Russes, qui ont déployé plus de 50 avions et hélicoptères en Syrie, n'ont pas l'intention d'en rester là. Les raids vont durer « trois à quatre mois » et « s'intensifier », a assuré le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Alexeï Pouchkov.
Parallèlement, les jihadistes de l'EI ont lancé hier une offensive contre des secteurs encore tenus par les forces gouvernementales syriennes à Deir ez-Zor, dans le nord-est de la Syrie, rapporte l'OSDH. L'attaque vise aussi une base aérienne située au sud de la ville. Au moins cinq civils, une mère de famille et quatre de ses enfants, ont été tués dans les combats, ajoute l'OSDH. L'armée gouvernementale a bombardé plusieurs quartiers de la ville ainsi que les approches de la base aérienne, vers laquelle les jihadistes semblent cependant progresser après avoir fait exploser une voiture piégée et pris le bâtiment de la poste. La province de Deir ez-Zor est sous le contrôle de l'EI, mais la ville est encore tenue par les forces gouvernementales
Enfin, le fils d'un député jordanien est mort cette semaine dans un attentat-suicide qu'il a perpétré en Irak et qui a été revendiqué par l'organisation État islamique (EI), ont rapporté hier des médias jordaniens.
(Sources : agences)


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10 h 54, le 04 octobre 2015