Des genoux de guingois, des épaules démontées, deux mâchoires emportées, des muscles déchirés... Au total, 15 blessés ont quitté la Coupe du monde après les 19 premiers matches, alors que World Rugby avait sacralisé la santé des joueurs avant le début du tournoi.
Une séquence symbolise la situation. En l'espace de quatre minutes, entre les 63e et 67e, le pays de Galles a perdu son centre Scott Williams (genou), son ailier Amos (épaule) et son arrière Liam Williams (commotion), face à l'Angleterre, samedi dernier à Twickenham. Le Mondial des deux premiers s'est arrêté là. Liam Williams devrait être en mesure de retrouver les terrains assez rapidement. En attendant, il a été dispensé du match face aux Fidji aujourd'hui.
Quinze joueurs remplacés après 19 rencontres, c'est autant que sur l'ensemble du Mondial 2011 en Nouvelle-Zélande, soit 48 matches. Et ce même si World Rugby a indiqué que le « taux de blessures n'a pas changé depuis 2002 ». En cause ? L'âpreté et la répétition des contacts. « C'est un sport dur, pratiqué par de véritables athlètes qui sont très mobiles », souligne Mike Catt, centre anglais aux quatre Coupes du monde, désormais entraîneur adjoint du XV de la Rose. « Le jeu a vraiment changé depuis mon époque », relève aussi Catt, qui a mis un terme à sa carrière internationale après le Mondial 2007.
Une prochaine réforme ?
Le rugby n'est plus le même. Selon World Rugby, depuis 1995 et l'arrivée du professionnalisme, le temps de jeu a explosé, passant en moyenne de 20 à plus de 35 minutes entre 1987 et 2011. Les matches où il excède les 40 minutes sont désormais légion. Surtout, la structure des matches a changé. Le nombre de pénalités (-16 %), de touches ou mêlées (-35 à -37 %) a considérablement baissé. En revanche, le nombre de points de rencontres (mauls et mêlées ouvertes) a bondi de... +135 %. C'est là que les contacts sont les plus rudes. Lorsque des joueurs lancés « déblayent » des joueurs arrêtés, occupés à protéger le ballon.
Que faire face à cette cascade de blessures ? Avant le début du Mondial, World Rugby avait classé la « santé du joueur priorité n° 1 ». Le sélectionneur gallois Warren Gatland a un début de réponse : « Je ne sais pas si la période de repos de quatre ou cinq jours entre les matches n'est pas trop courte. »
Sensibilisés sur les problèmes des commotions, les arbitres ont reçu pour consigne d'être particulièrement sévères sur les déblayages au cou dans les regroupements. Les recours à la vidéo pour sanctionner les comportements déviants ont été nombreux. Mais les blessures ont, pour l'instant, touché d'autres parties du corps, avec une forte prévalence pour le genou, à l'origine de 7 des 15 forfaits.
L'organe suprême du jeu devrait se pencher sur une réforme en profondeur des règles après la Coupe du monde, pour enrayer l'évolution du jeu, qui semble arrivé au bout d'un cycle né avec le professionnalisme. Le rugby est devenu un sport d'affrontement et non plus d'évitement.
(Source : AFP)
David Pocock ne veut pas « être défini par le rugby »
L'Australien David Pocock n'est pas seulement un des tout meilleurs troisièmes lignes au monde, il est aussi un ardent défenseur des droits des homosexuels et de l'environnement, comme il l'a raconté dans une interview au Daily Mail.
« Les gens disent que sport et politique ne devraient pas être mêlés, mais je pense qu'il est important que les sportifs s'intéressent à ce qui se passe ailleurs et en parlent », affirme Pocock (27 ans). « À tort ou à raison, les jeunes admirent les athlètes et, si je peux faire en sorte qu'ils s'interrogent sur ce genre de questions, alors c'est une bonne chose », poursuit celui qui ne veut pas « être défini par le rugby ».

