Le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, a plaidé hier au micro de la radio la Voix du Liban (VDL, 100.5) en faveur de l'élection d'un président consensuel, affirmant que le blocage de la présidentielle par le CPL et le Hezbollah – qui, pris indépendamment, n'auraient pu le faire – est un « crime contre le Liban et les Libanais dont ils devront rendre compte. La participation à la conférence de dialogue m'a permis de mesurer l'égoïsme et l'incapacité de certains », a encore dit le jeune leader du parti Kataëb. M. Gemayel a révélé qu'à la conférence de dialogue, il avait avancé comme exemple de personnalité politiquement dégagée de tout alignement régional, et en même temps modèle de compétence, le nom de Carlos Ghosn, le PDG d'origine libanaise de Nissan et de Renault.
Carlos Ghosn « n'est pas notre candidat », a précisé M. Gemayel, répétant qu'il le présente comme modèle de compétence et de neutralité politique, « en phase avec la modernité et doté des capacités intellectuelles et scientifiques nécessaires pour faire avancer le pays ».
La crise dans laquelle le Liban est plongé dure depuis 18 mois et faute de la résoudre, le Liban se dirige vers une catastrophe économique et sociale, a affirmé en substance le député. « Le taux de chômage et de pauvreté augmente de jour en jour et des Libanais sont incapables d'inscrire leurs enfants à l'école ou à l'université », a-t-il ajouté estimant que le Liban a besoin d'un « gouvernement de technocrates ».
Dans cet esprit, M. Gemayel a donné l'exemple du ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, à qui on a confié un portefeuille ministériel « pour lequel il n'avait aucune compétence, ce qui a conduit à l'impasse et à la catastrophe », affirmant que « les deux prochains jours » seront déterminants pour le plan Chehayeb et assurant que les Kataëb quitteront le gouvernement si le Premier ministre ne se décide pas à imposer ce plan « par la force ».
« Un problème, pas un signe de santé »...
« Michel Aoun ne peut pas être président à l'ombre de ce conflit, a repris le député. Il ne peut pas prendre le parti de Bachar el-Assad contre le peuple syrien, ou prendre parti en faveur de l'Iran contre l'Arabie saoudite, ou être avec une communauté libanaise contre une autre. Celui qui veut être président de la République ne doit pas entraîner le Liban dans des conflits. Il doit plutôt pouvoir engager le dialogue et communiquer avec tous, pour mettre le Liban à l'abri des tiraillements. »
M. Gemayel a estimé que la division des chrétiens est « un problème » et non un signe de santé démocratique. « La moitié d'entre eux considère que l'élection de Michel Aoun à la présidence serait une catastrophe, l'autre moitié estime que ce serait le salut ;
leur division sur les choix stratégiques est aussi néfaste : c'est ainsi que la moitié d'entre eux est avec Bachar el-Assad et l'Iran, l'autre contre. C'est pourquoi personne ne peut prétendre qu'avec son élection, toutes les aspirations des chrétiens se réaliseront (...) Les chrétiens devraient être neutres, rien ne commande aux chrétiens de prendre parti pour les sunnites ou les chiites. Ils devraient au contraire être des traits d'union et des agents modérateurs pour tous les Libanais. »
M. Gemayel a souhaité que les forces politiques représentatives des chrétiens, Kataëb, CPL, Forces libanaises et Marada, s'assoient à une même table et se concertent. « Mais ce moment n'est pas encore venu », a-t-il regretté, rappelant que le patriarche maronite a effectué une tentative dans cette direction, mais que certaines forces s'y étaient dérobées. »
À Nabih Berry enfin, qui préconise un nouveau Doha et un nouveau « package deal », M. Gemayel a opposé « le refus de toute solution qui ne viendrait pas de la Constitution ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
A ce point.... conSensuel ?
18 h 46, le 22 septembre 2015