Walid Joumblatt, samedi, au cours de sa réunion avec les notables de l’Iqlim. Photo Ani
Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), le député Walid Joumblatt, estime qu'il n'est pas possible « au vu des circonstances actuelles, d'élire un président de la République ». Ces propos du leader druze ont été prononcés lors d'un meeting organisé samedi au village de Wardaniyé dans la résidence de Jamil Jamil Bayram, un événement qui a réuni présidents de municipalités et notaires de la région de l'Iqlim al-Kharroub.
Ont notamment assisté à la réunion les députés Élie Aoun, Nehmé Tohmé et Mohammad Hajjar, ainsi qu'un grand nombre de personnalités locales du PSP – dont le fils de Walid Joumblatt, Taymour – du courant du Futur et de la Jamaa islamiya.
Les discussions ont été principalement axées sur la crise des déchets dans la région et un certain nombre de projets de développement concernant l'Iqlim.
Abordant frontalement la crise des ordures ménagères, M. Joumblatt est revenu sur les longues discussions qui ont eu lieu en amont de la crise avec le PDG d'Averda – compagnie dont dépend l'entreprise Sukleen – Mayssarah Sukkar. Il a rappelé que ce dernier lui avait promis de fermer la décharge de Naamé mais qu'il avait en échange besoin d'un dépotoir.
« À un certain moment, M. Sukkar m'a dit qu'il en avait trouvé un dans le nord, en accord avec Sleimane Frangié, mais il semble qu'il y ait des obstacles à sa mise en place. Cela dit, je l'ai prévenu à plusieurs reprises que Naamé devait être fermé (...), 15 millions de tonnes de déchets, cela suffit. Puis il a proposé la mise en place d'une installation destinée à incinérer les déchets solides à Sibline, un système qui ne laisse aucune trace dans l'air. Je lui ai dit fermons Naamé, ensuite je prendrai personnellement l'avis des populations de l'Iqlim concernant ce projet (...) Sukkar n'a pas été convaincu, ou plutôt les circonstances ne l'ont pas convaincues (...) et nous sommes ainsi arrivés à la crise », a indiqué Walid Joumblatt, précisant que la solution transitoire à la crise des déchets passe avant tout par la mise en place de dépotoirs, car « les incinérateurs ont besoin de deux ans pour pouvoir commencer à fonctionner correctement ».
« Sur une île de l'océan Indien »...
Se prononçant ensuite sur le plan mis en place par le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb pour la gestion des déchets ménagers, M. Joumblatt a indiqué que celui-ci vise en gros à la « mise en commun du fardeau que représente les ordures. Cela signifie que chaque région doit supporter sa part si nous y parvenons. Il devra y avoir un dépotoir au Akkar et un deuxième aussi comme je l'ai proposé lors des discussions du dialogue national. Car j'ai préféré ne pas parler de politique mais seulement de déchets, du moment que les questions politiques ne dépendent pas de nous. L'élection du président de la République ne dépend pas de nous, nous voulons que quelqu'un vienne vers nous, qu'il nous réunisse et qu'il nous dise d'élire un président, à l'instar de ce qui s'était fait à Doha la fois dernière ».
Le chef du PSP a souhaité qu'à la faveur de l'accord américano-iranien, « quelqu'un vienne nous prendre dans le golfe Persique ou sur un île de l'océan Indien pour que nous nous mettions d'accord » car, selon lui, « les circonstances actuelles » ne sont pas en faveur de l'élection d'un président de la République.
Rappelant que la seule instance encore capable de fonctionner est le Conseil des ministres, Walid Joumblatt a passé en revue les dons et prêts accordés par la communauté internationale au Liban et a estimé qu'à l'aune des difficiles circonstances actuelles, il est « dommage de ne pas en profiter ». C'est pourquoi il est important de mettre en place un système de « législation de nécessité » pour profiter de cette manne dont le pays a tellement besoin, selon lui.


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11 h 31, le 21 septembre 2015